MARX AU 21ème SIECLE ?

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    QUE FAIRE ?

    -L'Internationale des travailleurs: urgence !

    -Pétition, lettre ouverte au PS

     

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    La compétitivité induit la surproduction

    La compétitivité est le maître mot du capitalisme. Compétitivité veut dire: supplanter les concurrents ou les avaler dans de plus grosses structures. Pour que celles-ci soient rentables, il faut produire plus, toujours plus, donc vendre plus, gaspiller plus... La compétitivité est le ressort du capitalisme mais c'est aussi son ennemie. Le capitalisme doit donc éliminer de la production en grande quantité: les crises, la guerre, les destructions en tous genres font l'affaire...

     

    LA SURPRODUCTION COMME CONSEQUENCE OBLIGEE DE TOUTE PRODUCTION INDUSTRIALISTE CAPITALISTE :
    VERS LE " PROGRES " OU VERS LA BARBARIE ?

    1700 tracteurs sont venus à Paris le 2 septembre pour exprimer la colère des éleveurs de porcs de Bretagne. Ils voulaient que le prix du porc au kilo leur soit acheté 1,40 euros par les abatteurs sous peine de sombrer dans la faillite.
    Il en est de même pour les éleveurs de volaille ou de vaches pour le lait…
    Ces éleveurs sont des petits ou moyens capitalistes qui font travailler des ouvriers, lesquels, dans les élevages de porcs surtout, sont proches de la déprime tant le travail exigé est cruel et dégoûtant. Ce ne sont pas des paysans au sens classique du terme.


    Les acheteurs intermédiaires, les abatteurs, les grossistes, la grande distribution qui cherche à vendre toujours moins cher, ne veulent pas répondre positivement à cette demande et s'en tiennent au prix du marché, qui est tiré vers le bas par la concurrence de l'Espagne et de l'Allemagne, dont les élevages sont encore plus rationalisés. Ils menacent d'ailleurs d'acheter le porc dans ces pays. Le gouvernement dit ne rien pouvoir faire sinon de compenser les pertes, de couvrir un temps les intérêts des emprunts. L'Europe n'est pas d'accord pour un soutien. Un sommet européen devait se tenir le week-end du 5 et 6-9, entre autres à ce sujet. Il a répondu que c'était un problème mondial et qu'il ne pouvait rien. Personne ne peut rien dans une situation où d'une part aucune production n'est protégée, et où d'autre part la production est loin de correspondre à une nourriture authentiquement bio.


    Eh oui, la demande russe en porc a chuté en représailles au sujet de l'Ukraine, l'Allemagne produit à plus bas prix, l'Espagne de même… et en plus le prix d'une matière première alimentaire comme le soja transgénique, venu de l'étranger, a augmenté.
    Les éleveurs ont dû acheter de gros tracteurs. C'était donnant donnant : gros tracteurs contre aides à l'investissement. Le tout traité par les banques qui parlent au nom des entreprises de gros tracteurs. Les éleveurs se sont endettés. Aujourd'hui ils sont pris à la gorge. Encore investir pour industrialiser un peu plus, pour faire baisser les prix et être plus compétitif que le voisin… ? Ce serait la voie du progrès !! Mais que va devenir le porc dans tout cela ? Et la santé publique déjà bien mal en point ? La FNSEA n'en a que faire, elle demande d'investir toujours plus pour être plus compétitif, s'endetter, produire davantage, tuer le voisin…. Elle fait partie des grands groupes comme Albera.


    Aujourd'hui, fin septembre, les éleveurs bretons ont capitulé car les élevages allemands et espagnols ont décidé de déstabiliser le marché français. Alors le gouvernement français va tenter de faire stopper l'embargo russe décrété en février 2014 … pour faire cesser la surproduction !!
    Tout ceci est tout à fait contre nature, monstrueux, inutile, mais conforme à l'industrialisme capitaliste, à la concurrence féroce que les capitalistes se livrent entre eux..( Le dernier exemple récent est Volkswagen mise sur le tapis par une ONG (qui est derrière ?))


    Nos besoins en protéine sont faibles, nous devrions manger deux fois moins de viande. (Christian Rémésy , directeur de recherche INRA. Le Monde du 5-9-15). Il faut convaincre le consommateur de cela en lui expliquant que sa santé est en jeu. C'est la condition nécessaire pour qu'il accepte de payer plus cher un bon produit en sachant qu'il en mangera moins. Mais quel est le consommateur qui raisonnera ainsi et aura les moyens de se passer des " récup " des grandes surfaces et des poubelles des quartiers riches ??
    Toute la doxa sur la santé publique est cependant fondée sur l'affirmation inverse, selon laquelle il faut manger de la viande tous les jours.
    Que produisent donc les éleveurs de porcs en Bretagne ? Des porcs de batteries qui doivent toujours manger plus donc ne pas bouger, avaler n'importe quoi, du soja transgénique bien sûr, venu d'Argentine et du Brésil, mais aussi tous les déchets industriels possibles et imaginables … Le Livre Noir sur le porc en batterie a détruit à jamais l'envie de manger du porc à certains, et permet d'expérimenter toujours plus le mauvais goût de la viande industrielle…


    S'agit-il de nourrir convenablement une population dans cette histoire? S'agit-il de produire pour les besoins des gens ? Non. Il s'agit de conquérir des marchés par la dite compétitivité c'est-à-dire l'assassinat du pays voisin, dans un irrespect inouï des animaux, au sein d'un " libre échange " bien compris, et de produire un objet/animal industriel le moins cher possible pour faire du fric, du profit, pour le compte des banques prêteuses, des intermédiaires et des fabricants de tracteurs et machines diverses, d'un secteur agro-alimentaire omnipotent…
    Défendre les éleveurs tels qu'ils produisent aujourd'hui ? Je dis clairement NON dans la perspective ci-dessus.. Les aider à préparer une transition vers un autre mode d'élevage, OUI. En sachant que ça sera très difficile
    C'est pourquoi, ce n'était pas à Paris qu'il fallait venir mais devant les banques et les industries qui les maltraitent. Ces dernières doivent se voir imposer de payer une reconversion dans une production plurielle, conforme aux besoins et pas plus. Les éleveurs devaient exiger l'annulation partielle ou complète de leurs dettes, avec l'aide de l'Etat, à condition de s'engager à produire autrement.
    Mais continuer à les aider à produire de la merde de nourriture, en torturant des animaux, dans un système industriel absurde. NON. Mais pour cela, il faut un rapport de forces adéquat avec les citoyens qui n'est pas trouvé. Mais que les producteurs pourraient trouver en assiégeant les abatteurs et les banques conjointement.


    Le système doit être cassé.
    La responsabilité des éleveurs est engagée. Ce ne sont pas que des victimes d'un système. Ils ont une tête pour penser. Nul ne les oblige à être abrutis au point de ne pas pouvoir saisir la sottise d'un système qui, en plus, est très fragile. Ne pas le voir, c'est jouer à l'autruche. La FNSEA utilise la colère des éleveurs pour sa propre logique puisqu'elle est engagée dans le système industriel.
    Le plan Valls, à la demande de la FNSEA, prévoit des investissements supplémentaires pour " moderniser l'agriculture " ! Le gouvernement joue les supplétifs des firmes et des banques. C'est normal. Mais ce n'est que reporter le problème et différer la violence qui se déchaînera un jour.
    Pitié pour les éleveurs s'ils demandent leur reconversion.
    Point de pitié si la logique du système leur sied, même s'ils en crèvent …
    Pour finir :
    -il faut casser la mécanisation à outrance de l'élevage, et remettre les cochons, et autres animaux dans les champs
    - Il faut casser la production des tracteurs de plus en plus gros. Il est nécessaire de revoir toute cette filière, en ne produisant que ce qui est utile pour soulager la peine de l'homme.
    -Il faut produire ce qui est utile au plan national, et un peu plus pour des pays qui ne peuvent avoir ce que nous produisons
    -Il faut cesser de fonder une production sur l'exportation
    -Il faut casser la production du soja transgénique de l'Argentine, du Brésil et de Chine et produire sur place ce qui est nécessaire aux cochons et autres animaux, donc remettre des champs en culture. Ceci signifie fermer les frontières, indirectement par la TVA sociale par exemple, afin de se protéger de la concurrence des agricultures industrielles étrangères. Et produire juste ce qu'il faut.
    -Donc Il faut cesser les importations de tourteaux de soja OGM, alors que nos plaines gagneraient à intégrer des légumineuses dans des rotations de céréales.
    -Il faut en finir avec le lisier de cette production industrielle qui pollue l'eau, les nappes phréatiques, les bords de mer…
    -Ensuite, les pouvoirs publics (Europe, Etat, collectivités territoriales) doivent prendre leurs responsabilités, en cessant d'aider les agricultures industrielles. Stop aux aides aux investissements démesurés, stop aux aides à la surface qui favorisent l'agrandissement
    -Et surtout, point clé, il faut une réforme agraire, car cette industrialisation de l'agriculture n'a été possible qu'en éliminant les petits paysans, dans le but de faire grossir les fermes (en surface et en quantité d'animaux) pour faire des économies d'échelle et rentabiliser. Il faut aujourd'hui faire le mouvement inverse. La priorité pour l'accès au foncier agricole devrait être aux petits paysans ; on devrait de plus instaurer un droit à une parcelle de subsistance pour tout citoyen, car les petits potagers sont finalement plus productifs et écologiques que n'importe quelle ferme. Pour cela il faut en finir avec les extensions de terrains à bâtir dans les communes.
    -Mais alors on est dans une logique de production toute autre, contraire à l'idée de produire toujours plus, c'est-à-dire de surproduire….On est dans la logique de produire utile sans avoir besoin d'intermédiaires. Dans le cadre de la concurrence actuelle c'est impossible.

    Il en est de même pour toutes les productions industrielles qui, selon la doxa économique, doivent être toujours plus compétitives pour conquérir des marchés, donc produire toujours plus, selon le maître mot de " compétitivité ", c'est-à-dire inventer des nouvelles productions en vue de faire de l'argent et non pas de satisfaire des besoins de base.
    La seule chose qui intéresse la grande industrie aujourd'hui est l'art du gaspillage de masse, de la surproduction systématique, de l'avilissement des marchandises et des services, de l'endettement sans fin, de la concurrence mortifère avec le voisin, jusqu'à la production de nouvelles….subprimes, car il faut faire vendre et vendre absolument, donc créer de nouvelles dettes et les camoufler dans des titres…..jusqu'à l'effondrement. Nous connaissons ce désastre. Nous savons que cela mène aux krachs boursiers et financiers, nécessaires pour en finir avec le trop plein, et recommencer ! Ce sont symboliquement les repas sans fin des romains qui se faisaient vomir pour pouvoir de nouveau manger…
    La question n'est pas la défense à tout prix de l'emploi correspondant à ces productions, mais l'arrêt de ces productions telles qu'elles sont, pour s'en tenir à des productions utiles.


    Les médiations pour y parvenir sont les seules recherches intelligentes à faire aujourd'hui. Les firmes, multinationales et banques qui ont lié leurs efforts à cette gigantesque escroquerie et ce gaspillage, doivent payer. Elles doivent rendre gorge. La place des éleveurs est devant leurs banques et ces firmes, pour les inonder de lisier. Qu'ils le fassent ! Ils n'ont pas d'avenir…
    Dans le même ordre d'idée, faudrait-il pleurer sur la Chine et ses surcapacités industrielles ?? Faudrait-il lui permettre d'exporter toujours plus en exploitant toujours davantage leurs prolétaires pour qui nous verserions des larmes ? Non. Que cela cesse. D'ailleurs les catastrophes industrielles mettront peut-être un peu d'ordre dans la tête des prolétaires chinois à qui nous pourrions expliquer que nous n'allons pas continuer d'acheter leurs marchandises hautement critiquables pour conserver leurs emplois. Eux aussi doivent se reconvertir et décider de ce qui est utile et inutile.
    La défense de l'emploi aujourd'hui passe par la redéfinition de toutes les productions. Pour trouver les transitions nécessaires, il faut appeler les citoyens à discuter publiquement de ces problèmes. Ce ne sont pas les hommes du " savoir " qui doivent décider, ni les spécialistes, ni les bureaucrates. Ce sont les citoyens. Ces derniers doivent prendre leurs affaires en mains, car personne ne le fera à leur place. Comment ? C'est là la question.

    Le 26-9-15 AMC

     

     

     

     


    Compétition.

    La question de la compétitivité, telle que se permettent de la poser ceux qui prônent des politiques d'austérité, à savoir les "démocraties" européennes, montre d'une part qu'austérité rime avec compétitivité, et d'autre part met en lumière la terrible absence d'une solidarité internationale entre travailleurs.

    1)L'austérité rime avec compétitivité.

    Des analyses expliquent que ce sont les marchés financiers qui imposeraient une mauvaise politique, à savoir l'austérité, et que l'Europe serait prisonnière de ceux-ci, nous nous érigeons en faux contre cette analyse. C'est Bruxelles qui impose, en accord avec toutes les dites "démocraties", les politiques d'austérité, qui ne sont pas une "erreur" du point de vue capitaliste, mais une stratégie. Celle du choc. Evidemment il s'agit de défaire le salariat de tous ses acquis pour le mettre à genoux ! On aurait pu s'en douter depuis longtemps.

    Le gouvernement espagnol, pendant que la population manifeste de 15-11-12 dans les rues de Madrid, redit qu'il n'y a pas d'autre politique possible que l'austérité, pour "préserver", dit-il l'éducation et la santé (!) . Ceci est affirmé, au moment où Renault "négocie" à Madrid avec les syndicats, pour la reddition pure et simple des ouvriers..dans ses 3 entreprises délocalisées en Espagne; au moment où 6 hôpitaux publics sont privatisés; au moment les salaires sont baissés autoritairement, où les classes passent de 30 à 40 élèves...etc

    Que veut Renault ? Subsister comme groupe producteur d'automobiles dans la compétition mondiale.

    Pour cela il a indiqué dès le début de novembre (Le Monde du 9-11-12) ce qui lui est nécessaire dans ses usines d'assemblage à Palencia et à Valladolid. Renault précise au préalable que ses usines en Roumanie sont bien plus compétitives que celles en Espagne. En conséquence l'entreprise créera des emplois (1300 dit-elle) si les ouvriers acceptent des diminutions de salaires et l'augmentation du temps de travail hebdomadaire, de façon à gagner 400 euros sur la fabrication de chaque véhicule.

    Dans le cas contraire Renault se préparera à une stratégie de fermeture.

    La politique de rigueur est déclarée "comme l'unique direction possible pour sortir de la crise, laisser derrière nous le chômage et garantir le futur de l'Etat-Providence" (!!!) a déclaré le ministre de l'économie espagnol (Le monde du 16-11-12). Toutes les "démocraties" nous disent qu'elles ont raison dans le choix qu'elles ont fait de "rembourser la dette", en fait d'écraser les salariés au nom de la dette...

    L'Etat-Providence ?? Une erreur, du point de vue de ces démocraties qui pratiquent la manipulation du langage. La vérité est qu'il faut diminuer le coût du travail pour être compétitif...

     

    D'autres exemples de coût du travail trop élevé:

    En France, le Monde du 6-11 rapporte qu'une fonderie de l'est et sa filiale du Mans n'est pas compétitive par rapport à une fonderie anglaise de Crewkerne, où l'heure de travail revient à 21 euros soit 36% de moins qu'en France. Pourquoi ? Parce que les charges patronales sont trop élevées ( il faut donc liquider la sécurité sociale), et parce que le nombre d'heures travaillées en France est égal à 1802, tandis qu'il est de 2028 en GB.

    Dans les plastiques automobiles, en République Tchèque, un opérateur coûte deux fois moins cher qu'en France, et au Mexique 10 fois moins...

    Chaque jour dans les médias montrent où se situent les "rigidités" françaises; rigiditées qui se résument à "trop d'acquis sociaux".

    On ne pourrait mieux trouver pour démontrer comment fonctionne l'exploitation du travail ...

    Les entreprises font-elles erreur ?? Non, elles expriment ce dont à besoin une entreprise capitaliste prise dans l'étau de la compétitivité et de laconcurrence internationale.

     

    2)Sans l'existence d'une solidarité internationale, Hollande se permet d'appeler les syndicats à un "compromis historique" !

    Que les partenaires sociaux réalisent un "pacte de compétitivité" par des accords sociaux (le Monde du 13-11-12), afin de reconstituer, dit-il, la croissance, la compétitivité, la baisse du chômage (sic) et évidemment la "solidarité" (avec le capital) ! C'est pourquoi il a demandé à Robert Gallois de réaliser un rapport:" Le Pacte pour la compétitivité de l'industrie française" qui demande ni plus ni moins de supprimer toutes les "charges" patronales

    L'appel de Hollande est une réponse à Renault et Peugeot, qui fin septembre, disaient avoir perdu 16,3% d'immatriculations pour le premier et 13,5% pour le second.

    Les taux de marge (rapport des profits bruts sur la valeur ajoutée) est trop bas en France pour valoriser les investissements ! Exact. Mais est-ce le problème des salariés ? Ne doivent-ils pas opposer à cela , 1) la sauvegarde des salaires, et 2)Un autre type de production ?

    Que dit donc Thibault de la CGT ? Appelle-t-il de ses voeux à une solidarité internationale, et d'abord européenne ? Non. Il appelle avec les syndicats à une journée européenne d'opposition au pacte d'austérité à la mi-novembre. Mais pas un mot sur l'organisation d'une structure internationale de solidarité pour s'opposer ensemble à toutes les politiques de compétitivité.

    Il reconnait d'abord l'existence d'une grave crise économique (Le Monde du 13-9-12). Il se dit prêt à débattre de la compétitivité "il faut s'intéresser à la gestion des entreprises" écrit-il, "il faut rééquilibrer les pouvoirs dans l'entreprise", dit-il. Il faut dénoncer l'impuissance traditionnelle des pouvoirs publics en matière industrielle. Il faut être d'avantage au top avec l'Allemagne... Et il répond oui à l'appel au "dialogue social" proposé par Hollande.. Pour faire quoi ? Etrangler les salariés avec leur accord.

    Tragique !!

    19-11-12

     

    LA QUESTION DE L'ACIER.

    (entre autres le Monde des 2 et 3-12-12)

    La production de l'acier a basculé en Europe et dans le monde aux alentours de 1975, lorsque la construction automobile l'a massivement remplacé par le plastique, c'est à dire le pétrole. Le plastique avait des qualités supérieures, mais surtout il était moins cher ! Voilà pourquoi il faut tant de pétrole dans la société capitaliste: fabriquer des voitures et produire du carburant pour ces mêmes voitures. La production d'acier est en 2010 inférieure à ce qu'elle était en 1975 en Europe. D'où un problème grave de surcapacité mondiale, et des usines sous-utilisées...Les débouchés principaux de l'acier demeurent cependant l'automobile et la construction, secteurs tous deux en berne en 2012 et depuis quelques années. La production aurait baissé de 25% depuis 2008.

    Comment, dans de telles circonstances, les sociétés productrices, les responsables politiques réfléchissent-ils ? En termes de compétitivité !! Les pays se font concurrence entre eux, et les sociétés rivalisent entre elles. Qui prendra la place de l'autre ?

    La Chine est devenu le premier producteur et aggrave la surproduction mondiale. Des pays comme le Brésil, l'Argentine, le Pérou, le Vietnam vont construire de nouvelles usines dans le cadre de "leur" production nationale, ce qui est logique du point de vue de la concurrence, mais absurde du point de vue de l'avenir de l'automobile, et peut-être des types de logements nécessaires, en tous cas du point de vue général des besoins humains. Les sociétés vont se dévorer entre elles à coups de plans sociaux, de baisse du coût du travail, pour "sauver" la production nationale... et les emplois, lesquels ne seront pas sauver.

    AcelorMittal surfe sur l'inquiétude des salariés, la sottise des politiques qui se moquent du lendemain, mais ne veulent que des effets d'annonce. ArcelorMittal ment, fait des promesses, et ne les tiendra pas, concurrence oblige, marché oblige... Ceux qui demandaient la nationalisation de Florange en France ont -ils oublié celle de la métallurgie en France en 82-83 ?? Son objet ? Dégraisser et rationaliser le secteur pour le revendre à bon prix ! Certainement pas pour sauvegarder les emplois.

    Quelles solutions ?? Aucune bonne solution, du point de vue des gens, dans le cadre de la société actuelle. Cela est évident. Ceux qui veulent encore y croire n'ont qu'à regarder les visages des ouvriers de Florange qui avaient pourtant écrit sur leurs casques "On lâche rien".. Pourtant, ils lâcheront tout pour un plat de lentilles, et ils le savent secrètement...

    Alors ?? Trouver des capitaux pour payer les salariés pendant une transition longue, et réfléchir à ce dont les humains ont besoin ? L'argent existe: L'Etat doit cesser de couvrir les déficits des banques, l'Etat doit cesser de rembourser une dette publique fabriquée de toutes pièces par la mondialisation. Seuls les travailleurs et les jeunes peuvent le faire, dans le cadre d'une solidarité internationale à rechercher et construire, débarrassés de leurs directions syndicales qui réfléchissent à des projets capitalistes pour sauver la production des hauts-fourneaux... Jeter par dessus bord ces directions est une urgence !!

    4-12-12

     

    FLORANGE: du "foutage de gueule"

    C'est la CFDT qui le dit après le texte de l'accord entre Mittal et le gouvernement du 5-12-12 (Le Monde du 6-12-12)... C'est donc que c'est pire encore !

    -Qu'il s'agisse des "engagements" d'Arcelor Mittal, de 180 millions d'euros (dont 53 seulement sont destinés à des investissements), qui vont consacrer de toutes façons la fin des hauts fourneaux en Lorraine...

    -Qu'il s'agisse du projet ULCOS qui devrait sauver les hauts fourneaux, alors qu'il n'est pas au point, et qui surtout est en concurrence avec d'autres projets européens du même type....

    -Qu'il s'agisse d'une nationalisation provisoire: en vue de quoi ? L'Etat a-t-il un projet de production d'acier capable de transcender la situation actuelle dans le cadre d'une mondialisation mise en place par le PS en 1982 ??

    ... tout est de l'ordre de la gestion du capital dans un cadre où la société capitaliste gère une baisse de la production d'acier, qui se traduit par une baisse régulière des prix depuis le début de 2008, avec un creux très prononcé en 2010. (Cela ne veut nullement dire que, du point de vue des besoins humains, ce soit un bon choix, surtout si le plastique est à moment donné écarté... La question est entièrement à repenser).

    La seule chose qui importe aujourd'hui est que les salariés soient payés et ne soient pas abandonnés. Ils ne doivent en tous cas pas accepter de se mettre dans le cadre de la concurrence; ils ne sauveront ni Florange (plus de 600 salariés), ni l'usine de Basse-Indre (550 salariés)...

    Il y a fort à craindre qu'il soit demandé aux syndicats le 13-12 d'entériner l'accord au comité d'entreprise d'Arcelor Mittal, au nom évidemment des salariés... Alors, à quand un assaut de l'Etat pour couvrir les besoins des salariés (plus d'engagements à couvrir les banques, et à payer la "dette publique") ? A quand un appel à une grande conférence des salariés européens pour organiser les solidarité entre eux et poser les jalons d'une activité productive utile ?... A quand ?

    Le 9-12-12

     

    LES "CONTI"

    (le Monde du 26-2-13)

    L'usine Continental de Clairvoix fut fermée en mars 2009 ! 1113 salariés de cette entreprise sont encore aujourd'hui sans emploi, bernés par la direction de l'entreprise et par les syndicats qui leur avaient fait accepter des compromis pourris.

    Fin février 2013, la justice doit réexaminer si la direction de l'entreprise avait le droit de fermer l'entreprise pour "des nécessités de sauvegarde de la compétitivité" ! Le licenciement accepé par l'inspection du travail a été mis en cause... le motif économique était une fiction... La justice doit le dire ! Car 680 ouvriers déposaient un dossier aux prud'hommes.... cela passe 4 ans après...

    S'il n'est pas inutile et idiot de mettre cela en évidence, s'accrocher à cette démonstration en dit long sur la stratégie syndicale. Autrement dit si le motif économique n'était pas une fiction, l'entreprise aurait parfaitement eu le droit de licencier.! Face aux nécessités de la compétitivité, les travailleurs devraient s'incliner ?? Face aux surcapacités de production les travailleurs devraient donner raison à une entreprise qui a fait du profit sur leur dos ?? Il était par exemple impossible de dire, parce que les syndicats étaient contre:

    "nous nous moquons de la compétitivité, cette entreprise est la nôtre; les profits existant sont notre chair, notre sang. C'est nous qui devons décider quoi produire dans cette entreprise, comment le produire, avec quoi, et pour qui... Nous ne partirons pas d'ici... Nous voulons les comptes, le compte bancaire, la signature..."

    Ce n'est pas du tout ce qui s'est passé. Les allocations chômage sont finies. Les salariés sont dans la détresse. 180 à 250 auraient crée une petite entreprise, dont 70% ont déjà mis la clef sous la porte. 256 divorces auraient eu lieu. La situation économique du couple totalement déstabilisée, a fait exploser le couple lui-même. Les propositions de reclassement sont largement de la farce. Que vont devenir les salariés ?

    Il en est de même tous les jours, avec des fermetures d'entreprises qui n'en finissent pas. Les politiques disent que pour créer des emplois, il faut accroître la compétitivité des entreprises. C'est faux . C'est l'existence même de la compétitivité, c'est à dire de la concurrence, qui fait chuter les entreprises les unes après les autres, et ceci dans un marché déprimé par une demande en baisse.

    Que faire ? Les salariés doivent définir eux-mêmes leurs besoins, définir la production, se saisir de l'entreprise, se payer avec les bénéfices de celle-ci. Et poser eux-mêmes ce qui est nécessaire d'obtenir pour que l'entreprise vive uniquement pour satisfaire les besoins des uns et des autres..

    Le 4-3-13

     

    LA CGT DE GOODYEAR

    La CGT a trouvé la solution rentable, assurant des bénéfices considérables, en créant une SCOP au profit des salariés...

    Cette solution serait tellement rentable qu'il n'y a pas lieu de fermer Goodyear (sinon évidemment il y aurait lieu de fermer cette entreprise! ...). Ceci montre bien que la CGT est pour l'accord de compétitivité et de flexibilité du mois de janvier... et qu'elle manie le double langage

    (voir le Monde du 27-2-13)

     

    LE TEXTILE

    Le textile a été liquidé dans les pays européens au profit principalement des pays asiatiques, et cela depuis plus de 30 ans.

    L'Inde, la Chine, le Bangladesh offrent des travailleurs tellement bon marché (surtout des femmes) que les entreprises capitalistes auraient eu tort de s'en priver. Ces entreprises (pour la marque française Scott & Fox, Gemo, pour le géant espagnol Inditex qui possède Zara...) à Dacca soustraitent même leur production à des tarifs encore meilleurs, à des petites entreprises illégales, sans permis d'exploitation, sans aucune sécurité, lesquelles peuvent prendre feu par ex.... Les ouvrières (environ 2 millions) y sont payées 30 euros par mois... et meurent dans des incendies...(le dernier fin javier 2013). Le textile permet de réaliser 80% des exportations du Bangladesh. Le gouvernement ferme les yeux pour le plus grand plaisir du capitalisme européen.... Les députés bangladais possèdent presque tous des usines textiles.

    Ainsi la boucle est bouclée: le capitalisme européen fait produire en Asie, à des coûts défiants toute concurence, son textile, pour le vendre à bas prix en Europe, sur le dos des femmes asiatiques et au mépris de leurs morts. En Europe "on" se bat pour les droits des femmes, pour des normes de sécurité, pour des syndicats indépendants (interdits au Bangladesh) lequels en Europe collaborent avec les capitalistes....

    Où sont les féministes européennes ?? Mais à quoi servirait donc une Internationale des travailleurs ?

    (voir le Monde du 29-1-13)

     

    COMPETITIVITE ET CONCURRENCE, COMMENT VIVRE DESORMAIS ?

    La folie européenne pour faire pratiquer des politiques de " compétitivité ", n'est rien d'autre que l'accélération de la barbarie dans le cadre d'une concurrence déchaînée, violente pour l'avenir de l'humanité et de la planète. C'est une bataille mortifère d'arrière-garde pour l'humanité, mais " moderne ". pour tous les tenants de la " stratégie du choc ", c'est-à-dire des grands groupes industriels.

    L'obsession capitaliste est connue. Il s'agit d'améliorer les marges des entreprises pour investir, afin qu'elles soient compétitives pour exporter, c'est-à-dire qu'elles soient en mesure d'évincer les concurrents du marché ; ou, dans le meilleur des cas, afin qu'elles soient compétitives pour accroître la variété des marchandises susceptibles d'être vendues, en supposant qu'il existe un marché en extension continue… ce qui est de moins en moins le cas.

    Mais pour augmenter ces marges, il faut, dans l'industrie, appliquer les mesures suivantes, bien connues également :
    -Baisser les charges sociales (politiques générales en Europe)
    -Baisser le coût du travail : " Si la question de la compétitivité se cristallise autour du thème du coût du travail, c'est parce qu'il s'agit du levier le plus efficace à court terme pour améliorer la compétitivité-coût des entreprises et d'une économie " dit un directeur d'entreprise (Le Monde du 6 mars 2014)
    -Baisser la masse salariale globale
    -Employer surtout des salariés précaires et flexibles
    -Baisser la fiscalité des entreprises
    -Utiliser l'outil monétaire et dévaluer
    Nous ajoutons :
    -Licencier des salariés en gardant la même charge de travail (heures sup non payées garanties)

    L'ensemble de ces mesures ne peut que diminuer fortement la demande solvable des salariés, et de la classe moyenne, donc réduire à néant, à terme, toute politique d'accroissement de l'offre de marchandises.
    Reste donc comme seule possibilité la bataille féroce entre grands groupes industriels qui vont absorber ou détruire toutes les petites et moyennes entreprises : c'est cela la bataille pour la compétitivité dans le cadre de al concurrence féroce que se livrent les grands groupes..
    Les dépôts de bilan s'accumulent et accréditent cet état des choses. Un exemple récent : ASCOMETAL, ancienne filiale d'USINOR, dépose le bilan début mars 2014. Plus de 1000 salariés concernés.

    Dans le même temps, augmenter les marges dans l'agriculture suppose en premier lieu d'y faire du productivisme sur de grandes surfaces, qu'il s'agisse de cultures ou d'élevage. Pas de profits intéressants attendus sur de petites surfaces. Cela suppose également bien sûr d'y accroître les rendements. Pour cela, il est nécessaire d'utiliser de grandes quantités d'eau au détriment des populations et de toute rationalité autre que capitaliste ; il est nécessaire d'appliquer à la terre des pesticides, herbicides, engrais chimiques, et des variétés à haut rendement souvent nocives aux humains ; et enfin il est nécessaire d'exproprier les propriétaires de petites surfaces.
    Ces mesures sont seules à même de maintenir la compétitivité de quelques grands groupes. Cette logique n'a évidemment rien à voir avec l'objectif de répondre à des besoins.

    Un exemple classique mais encore actuel des ravages provoqués par cette rationalité nous est donné par la culture intensive du coton dans les plaines de Thessalie en Grèce. Après avoir épuisé et salinisé les nappes phréatiques de cette région, asséché les lacs, provoqué des maladies du fait de l'usage intensif de pesticides, il était question de détourner les eaux du fleuve Achéloos à l'ouest, dans une région protégée et réputée pour ses réserves d'oiseaux, vers la Thessalie. Et ceci pour satisfaire aux hauts rendements du coton dans cette région, uniquement en vue de l'exportation, puisque l'industrie textile grecque a été évacuée du pays par la " compétition internationale".
    Les populations, les paysans, les écologistes, des ONG de la région de l'ouest ont obtenu gain de cause et fait condamner début 2014 la construction des barrages en cours avec…. le soutien de l'Europe ! La catastrophe de la mer d'Aral n'a donc servi à rien. Le coton exploité industriellement va donc disparaître de la Grèce. Il était fortement concurrencé par l'Egypte, la Turquie, le Mali….cultivé dans des conditions également épouvantables.
    Les cotonnades artisanales indiennes du 18ème siècle étaient florissantes; le coton se cultivait avec le riz dans les champs des paysans, selon des méthodes traditionnelles éprouvées. Le capitalisme aura réussi à éliminer peu à peu les champs de coton paysans dans le monde entier et à empoisonner les populations….sans aucun gain pour la satisfaction des besoins, uniquement pour des raisons de concurrence internationale...

    Cette bataille capitaliste générale, mortifère pour les hommes, pour l'emploi, pour l'environnement, pour une production conforme aux besoins, a pour objet de garder la main sur des marchés par quelques grands industriels et agro-business. Ces marchés ne peuvent s'accroître que tant qu'il y a de nouveaux pays à conquérir et de nouvelles populations à soumettre au joug du consumérisme. Cette possibilité disparaît avec la demande qui lui est nécessaire ; elle disparaît d'autant que des populations entières sont livrées à la pauvreté, parfois extrême (Grèce, Espagne, Portugal, Irlande, sud de l'Italie, Roumanie, Bulgarie, des pays de l'ex Yougoslavie, Palestine et Gaza, Egypte, Somalie, une grande partie des pays africains…..), ou au carnage féroce des populations (Centrafrique, Syrie, Sud Soudan….).

    La Chine, la Russie, l'Iran ne sont pas en reste dans un combat qu'ils nomment " anti-impérialiste " contre les pays capitalistes dominants, mais en fait contre le salariat, et la paysannerie. Ils remplissent de fait de rôle de garde-chiourme dans la répression policière féroce contre les salariés, les ouvriers, les jeunes, les démocrates, et ils ne représentent plus aucun espoir par ce qu'ils sont et par ce qu'ils furent. Il faut comprendre cela, au risque de répéter toujours les mêmes erreurs.
    Cuba, qui avait symbolisé un socialisme, plus sympathique, à la marge des grandes dictatures communistes, s'est livré à la monoculture du sucre comme aux temps anciens de l'esclavage, a fait disparaître les cultures utiles aux besoins, et a fait du zèle dans la répression des opposants.

    Comment s'étonner alors des tendances au repli sur soi, au nationalisme comme option de survie (1), pour résister à la mondialisation et aux dictatures ? Et comment ne pas apprécier et reconnaître des politiques, obligatoirement provisoires, de type réformiste, mises en avant ici ou là, par une bourgeoisie aux abois qui cherche à limiter les dégâts en faisant adopter des mesures sociales, comme en Islande (Le Monde du 6 mars 2014), après l'Argentine :
    -refus de rembourser les créanciers anglais et néerlandais (référendum du 6 mars 2010) après la faillite de la banque islandaise Icesave.
    -refus de rendre les capitaux des Hedge funds US (13 Mds d'euros)
    -Contrôle des capitaux et des changes
    -Coupes budgétaires mais aides aux plus démunis
    -Augmentation des impôts des plus riches.
    Ces mesures ont toujours cours, mais on n'en parle guère. Elles défient les prédictions idéologiques.

    Certes L'Islande bénéficie de sa propre énergie électrique et d'un tourisme important, dont les effets pervers sont sans doute à prévoir..


    Ici et là les populations sentent d'instinct que la " belle époque " du salariat et du consumérisme est passée, et elles cherchent la résistance, y compris dans des alliances de classes jugées incorrectes par les marxistes, et par mille canaux qui ont déjà commencé à être analysés.
    Elles se posent la question concrètement de ce que peut signifier " changer la vie ", en dehors de l'éternelle interrogation idéologique du comment mettre fin au capitalisme. " Comment vivre quand même ? ", dans la contestation ou les arrangements partiels ; comment contourner la barbarie pour tenter de vivre sa vie et imaginer celle des enfants, en dehors des politiques politiciennes, en menant des combats parcellaires sur des questions précises ? C'est ainsi que les grands problèmes actuels se réfléchissent.

    Que produire, comment produire, avec quoi, avec l'aide de qui… ?
    Et si nous traversons l'océan atlantique, nous rencontrons les grandes manifestations actuelles d'indiens à Brasilia, qui posent avec acuité le problème de la terre, de la défense des terres indigènes, ou du " comment vivre ", contre la volonté d'expropriation capitaliste. Ce problème date de la fin du 19ème siècle au Brésil, dès l'arrivée de la République bourgeoise (Voir l'extraordinaire roman " La guerre de la fin du monde " de Vargas Llosa qui fut marxiste un temps..). C'est un problème de toujours. L'anthropologue Carlos Fausto nous rappelle que cette question contrarie directement les projets agricoles productivistes défendus depuis toujours par les grands propriétaires, et les développementalistes de " gauche ", tels Dilma Rousseff. Derrière le problème moral posé, dit-il, gît la question de la " manière de vivre " des paysans indiens qui oblige à réfléchir sur la société dans laquelle nous désirons vivre (Le Monde des 6 et 7-10-2013)
    De la même façon, ce sont les paysans indiens qui avaient obtenu que le Président Correa d'Equateur renonce à extraire du pétrole de Yasuni dans l'Amazonie et s'adresse pour ce faire aux grandes compagnies pétrolières et aux grands argentiers du monde pour obtenir une compensation financière pour son désaveu capitaliste !! Mais Correa a capitulé devant l'énorme pression qui a pesé sur lui. Que préfère-t-il ? Une politique de développement basée sur la rente pétrolière et des risques de guerre civile, ou bien changer les objectifs de la vie à l'aide des indiens et des peuples d'Amérique ? Mais bien sûr pas en Equateur seulement !
    Les amérindiens du Québec avaient fort justement formulé l'idée au 20ème siècle qu'ils avaient la capacité d'éclairer les occidentaux sur leurs erreurs consuméristes, sur leurs gaspillages, et sur l'absurdité qui consistait à vouloir dominer la nature de façon productiviste et destructrice (livre dont je n'ai pas le titre sous la main).

    La combinaison de cette façon de voir les choses avec les analyses occidentales sur l'exploitation ouvrière, pourrait bien se réaliser dans une vision nouvelle du " comment vivre " face à la barbarie.
    Il serait plus que temps.

    AMC le 8 mars 2014

    (1)Il y a toutes sortes de nationalismes, dont certains aspects se recoupent parfois mais qui nécessitent d'être distingués sous peine de graves erreurs :

    -le droit des peuples colonisés en lutte pour leur indépendance à s'ériger en nations. Toutes ces tentatives ont été confisquées par le communisme ou le capitalisme.

    -le nationalisme arabe socialisant du début du 20ème siècle

    -le nationalisme de type anticapitaliste comme opération de survie face à la rapacité financière impérialiste : l'Argentine actuelle par certains aspects, et l'Islande

    -Le nationalisme populiste d'Amérique latine de l'après 2ème guerre mondiale, dont les aspects dits fascisants sont réfutés par la gauche sud-américaine.