MARX AU 21ème SIECLE ?

  • index
  • Bienvenue
  • Qui sommes-nous ?
  • MARX LIBERATEUR

  • Economie marchande et non marchande
  • valeur d'usage/forces productives
  • Valeur Travail/exploitation
  • Théorie de l'aliénation
  • Monnaie
  • Etalon monétaire et prix
  • Inflation:actualité
  • Marchés de l'or actuels
  • Libre Echange, monnaie coloniale
  • Le salariat
  • MARX INDUSTRIALISTE pour le compte du capitalisme

  • Machinisme et science
  • Déterminisme historique
  • Démocratie
  • Communisme Révolution sociale
  • Le capitalisme peut-il s'effondrer ?
  • Industrialisation
  • Famines et capitalisme
  • famines et communisme
  • Les forces productives ont-elles cessé de croître ?
  • REVOLUTION dans le Tiers Monde ?
  • Soviétiques en Afghanistan
  • Chine communiste

     

     

  • ANNEXES

    Analyses théoriques

    Colonisation, CurrencyBoards

    Division Unité

    euro

    Islamisme

    Keynes

    La Gauche dans le monde

    L'extrême gauche

    Les trente glorieuses

    Nationalisme

    Racisme et discrimination

    religion irréligion

    Socialistes français 2014

    Subprimes

     

     

     

    Analyses factuelles et historiques

    Al Qaïda: Qui infiltre qui ?

     

  • Liberté d'expression Charlie Hebdo
  • Luttes de classe au jour le jour
  • Palestine maudite
  • Somalie
  • Soudan,Darfour
  • Soviets
  • stratégie syndicale
  • Syrie
  • Théorie du complot ?
  • TRUMP, un cancrelat du capitalisme, un produit logique du communisme
  • Voyoucratie d'Etat
  • Yémen

     

     

     

    QUE FAIRE ?

    -L'Internationale des travailleurs: urgence !

    -Pétition, lettre ouverte au PS

     

  • Ecrivez-nous :

    infos@marx21siecle.com

  •   

    Inflation: son actualité

    (en cours de construction)

    Monnaie d'échange et inflation

    Les colonies au secours du réformisme social

    Voir le CURRENCY BOARDS ARRANGEMENT dans "Libre echange", le CBA.

    Il y est expliqué comment l'ajustement structurel et le "CBA" , en imposant une monnaie à valeur fixe aux pays du tiers monde les pille et entraîne des faillites économiques du type de celle de l'Argentine en 2000.

    I) Monnaie d'échange et inflation (article en sept 04)

     

    (Ce papier peut constituer une répétition par rapport à la rubrique "Monnaie". Mais cette dernière ne traite pas spécifiquement de la disticntion entre monnaie d'échange et monnaie comme véhicule du capital. L'enjeu ici: peut-on imaginer en finir avec la monnaie " marchandisée ", ou véhicule et représentation du Capital ? La question nous paraît aussi pertinente que celle " Peut-on en finir avec le capitalisme " ?. Si la première question est idiote, la seconde l'est tout autant. Tous les théoriciens du capitalisme tentent de nous faire croire que la monnaie actuelle n'est qu'une simple monnaie d'échange, c'est faux et cela constitue une escroquerie intellectuelle. La monnaie d'échange suppose simplement qu'on facilite et améliore le troc dans une société débarrassée du capital et de tout ce qui l'entoure. L'abolition du capital est la condition préalable à l'existence de cette seule monnaie. Cette question est beaucoup plus compliquée qu'on ne l'imagine, car il ne suffit pas de dire qu'on abolit l'exploitation, il faut surtout parvenir à interdire que l'exploitation se transforme en capital ; là entre en jeu une autre question fondamentale dont nous n'avons pas à parler ici, celle de la démocratie par le peuple et pour le peuple ).

    La monnaie d'échange fut dans l'histoire de l'humanité la plus courante, elle a prévalu sans doutes pendant des milliers d'années. Elle a fonctionné dans le monde entier dans le but de faciliter le troc. La richesse s'exprimait en biens matériels, en nombre d'esclaves, en nombre de bêtes d'élevage. Le capital et le système bancaire étaient inconnus.
    La monnaie marchandise (dont un ou plusieurs métaux constituaient l'étalon) est apparue quelques centaines d'années avant JC dans le bassin méditerranéen au profit des marchands qui accumulaient des richesses en capitaux, et faisaient fructifier ce dernier par le travail des esclaves et des paysans. Cette monnaie marchandise a gardé un rôle restreint et secondaire jusqu'aux grandes conquêtes et comptoirs de type colonial par mer, dans lesquels l'exploitation d'esclaves avait lieu dans de grands domaines. Même dans ce cas, cette monnaie ne servait qu'aux marchands, aux classes riches, elle n'avait cours que dans les ports, dans les grandes foires concurremment à des monnaies d'échange traditionnelles. Ce sont les royautés qui en prennent le contrôle. et la mettent en circulation. Plus de 80% de la population européenne ne se servait de cette monnaie que comme monnaie d'échange. Et hélas pour elle, cette population découvrait parfois avec stupeur les méfaits de la perte de valeur de cette monnaie sur leurs revenus, par exemple dès le 16ème siècle avec la grande inflation en Europe, sans comprendre pourquoi.
    En effet, à la différence de la stricte monnaie d'échange, la monnaie marchandise, fondée sur un étalon métallique, a une valeur en elle-même et peut la perdre ou en gagner. Alors que la monnaie d'échange n'a pas de valeur en soi, mais est censée représenter conventionnellement une valeur d'usage étalon.
    Cette question est l'une des plus difficiles que l'économie politique connaisse. Seul Marx en a parlé clairement et a su définir scientifiquement sa valeur objective, du moins c'est notre opinion contre l'opinion dominante. Mais comme la théorie de la valeur de Marx a été repoussée pour des motifs idéologiques, pour 99,9% des économistes, la monnaie n'a pas de valeur autre que subjective (donc le capital n'aurait pas de valeur ? La spéculation est bien là pour nous dire le contraire puisqu'elle agit sur les variations de valeur du capital d'un pays à un autre). D'où l'impossibilité d'avoir une théorie monétaire des prix, dans l'idéologie dominante, ce dont les économistes se plaignent, mais sans pouvoir y remédier. D'où l'incapacité à établir une différence entre la monnaie valeur d'échange et la monnaie marchandise. On rétorquera qu'aujourd'hui la monnaie n'est plus une marchandise. Alors qu'est-elle ? Elle possède un lien privilégié avec l'or par l'intermédiaire des marchés de l'or qui ont un statut particulier, lequel n'est pas étudié par l'économie politique. On parlera, pour aller mieux, de la monnaie-capital. Cette forme de monnaie a vocation à prendre de la valeur ou à perdre de la valeur ou toute sa valeur. C'est ainsi que l'inflation fait des ravages chez les petites gens et dans les classes moyennes. Egalement les politiques de stabilité monétaire ont un prix fort sur les mêmes catégories de gens : cela signifie des politiques de rigueur extrême (voir les 3% du PIB à ne pas dépasser dans les déficits publics selon Maastricht, ce qui a une incidence directe sur la monnaie) . Il n'y a pas de solution intermédiaire sauf pendant de très courtes périodes où les pays déjà riches se sont enrichis à l'aide des monstrueux complexes militaro industriels (les 30 Glorieuses)
    La monnaie d'échange est le pilier des sociétés non marchandes, très bien étudiées par Marx, mais dans lesquelles, contrairement à ce que ce dernier a expliqué, il n'y a pas " immobilisme ". La monnaie d'échange se voit donner un rapport fixe avec quelques produits clefs (et non marchandises) ce qui détermine tous les rapports d'échange. On parle alors de la production et de l'échange des produits qui satisfont des besoins humains.
    La monnaie marchandise, elle, fonde les économies marchandes et l'existence du capital. Elle remplit certes les fonctions de la monnaie d'échange mais surtout et avant tout elle permet de véhiculer le capital et de le mesurer. Les produits deviennent des marchandises qui sont fabriqués en vue de créer du capital et non pas d'abord de satisfaire des besoins humains. L'économie marchande la plus élaborée est le capitalisme. Cela ne veut pas dire " la plus civilisée ". Marx là-dessus s'est trompé. Le capitalisme a poussé à l'extrême la marchandisation de tout, y compris de l'humain et de ses créations. C'est la forme la plus barbare des civilisations humaines dans le domaine guerrier, dans celui des destructions, dans l'exploitation de la force de travail humaine, dans la perversité du langage, dès lors que ses déguisements tombent les uns après les autres, pour ne laisser en bonne place que le Capital triomphant. Si le capitalisme a pu apparaître comme s'étant humanisé, à certaines périodes, c'est pour la raison paradoxale que les humains se sont battus pour imposer un certain nombre de règles dans le même temps où les capitalistes utilisaient l'argent de l'industrie d'armement pour privilégier quelques populations….
    On peut espérer non pas la suppression de la monnaie et du marché, deux institutions humaines parmi les plus anciennes auxquelles il n'est pas question de toucher, mais la suppression de la monnaie-capital. Cette suppression n'engendrera pas derechef une société idéale, souriante, mais une situation où l'humanité tentera de régler d'autres problèmes fondamentaux en échappant cette fois à la question épineuse de l'accumulation du Capital..

    Retenons une première leçon d'histoire :
    Au risque de nous répéter, il faut dire que c'est la population la plus humble, la plus travailleuse, la moins oisive, entre autres les paysans, les compagnons, les artisans, les petits commerçants qui supportent les méfaits de l'inflation monétaire de la monnaie marchandise.
    A l'opposé une monnaie d'échange stricte ne subit pas d'inflation monétaire. La monnaie d'échange n'a pour objet que de permettre un troc amélioré, de rendre plus facile les échanges, de différer les paiements. Elle indique conventionnellement tel rapport entre les produits, elle peut être représentée par des coquillages, des bouts de papier (apparus en Chine), un certain poids de sel ou des plumes, des monnaies métalliques quasiment sans valeur…. .
    Archaïsme ?? Les plus grandes civilisations humaines ont emprunté ce type de monnaie, qui ne pouvait engendrer du capital monétaire, c'est-à-dire la richesse abstraite, et ne pouvait être désirée pour elle-même sauf pour pouvoir échanger. Mais cela suppose non pas l'abolition de l'exploitation mais de l'exploitation pour accumuler. (Seule une démocratie par le peuple et pour le peuple peut y parvenir.) Les féodaux qui exigeaient du travail gratuit pour s'enrichir, consommaient le produit de ce travail gratuit. Ils n'ont transformé ce travail gratuit en capital que lorsqu'ils ont fait du commerce (les propriétaires féodaux anglais qui se mettent à produire de la laine pour la vendre au 16ème)


    Cette monnaie interdisait-elle l'investissement sur le mode l'amélioration et de la création d'un outil ou d'une machine, ou sur le mode de la réparation, ou sur le mode des grands travaux ? Absolument pas. C'est un cliché capitaliste ou bourgeois (ou marxiste) que de prétendre que l'immobilisme social était le propre de ces civilisations. les plus grandes découvertes scientifiques y ont eu lieu (la boussole, le papier en Chine, les machines à bras, les outils les plus élaborés, les cathédrales, les mosquées et…….. la poudre à canon )
    L'enrichissement est également possible, il repose sur deux principes dans les sociétés non marchandes (non marchandes c'est-à-dire sans monnaie marchandise). D'une part tout travailleur peut produire plus que ce dont il a besoin, cela lui permet d'échanger ce qu'il a produit en plus de ses besoins contre des objets ou services dont il ne dispose pas. S'il a dans l'idée d'agrandir sa maison, il va engager sa famille à travailler plus que d'habitude pour aller acheter des tuiles, des briques etc. Mais il travaillera juste ce qu'il lui faut pour ce faire.
    D'autre part, les grands de ce monde vont, du fait de leur pouvoir, exiger que les classes inférieures leur versent un impôt, un tribut en nature, pour vivre dans le luxe et l'indolence, ou pour pouvoir faire la guerre. Si ces grands veulent la paix sociale, ils vont reverser aux classes inférieures une partie des impôts en travaux collectifs (irrigation, entretien des pistes, grands travaux…) et ainsi les classes inférieures justifieront le pouvoir des grands et le trouveront légitime.
    Les grandes civilisations non marchandes ont laissé des grands traités de recherche scientifique, de médecine, de navigation, d'agronomie.
    C'est notre aliénation actuelle, notre esprit borné par l'existence du capital, notre croyance dans un progrès mythique généralisé fondé sur le capital, notre aveuglement dans le fait que l'Occident dominateur nous a apporté des privilèges indignes, c'est tout cela qui nous empêche la plupart du temps d'imaginer une société un peu plus humaine qui renoncerait, rejetterait la monnaie marchandise avec le Capital. Non seulement cette aliénation nous empêche de l'imaginer, mais pire, nous ne voulons pas que cela change par crainte de voir disparaître nos privilèges illégitimes issus de notre pillage insensé depuis quelques siècles sur les 2/3 de l'humanité. Je dis " nous " intentionnellement, car nous avons été achetés par le Capital pour sauvegarder ces privilèges. Il y a peu d'acquis sociaux qui sont réellement des acquis. Ne peuvent être des acquis que ceux qui peuvent et doivent être étendus à l'ensemble de la population mondiale, mais c'est une chose à laquelle nous ne pensons jamais, et pour cause ! Nous faisons des campagnes contre la faim, ah ça oui ! Mais jamais de campagnes pour que chacun ait un travail protégé de son choix en toute liberté qui dérogerait au salariat, car nous avons fait du salariat notre façon à nous de travailler, dans le cadre d'un système industriel qui n'a pas été très ravageur pour nous jusqu'ici à cause de notre pillage, mais qui est en train de le devenir, malgré ce pillage…. Mais laissons cela pour l'instant.

    Pour imaginer une autre société où l'argent ne serait plus marchand, où le capital n'existerait plus, il nous faut faire un effort intellectuel considérable et renoncer aux clichés suivants :


    1)L'évolution historique suivrait une voie prédéterminée selon une croyance théologique, exactement comme certains pensent que Dieu existe. L'un et l'autre relèvent de la croyance pure et simple.


    Il n'y a aucune évolution historique prédéterminée, fixée à l'avance, selon des lois soi disant scientifiques ou des lois divines. Ceci a fait débat déjà au 19ème. Des anthropologues américains, dont Boas, se sont élevés contre l'idée d'une évolution unilinéaire de l'histoire, c'est-à-dire déterministe. Ceux qui avançaient cette idée d'évolution unilinéaire étaient les libéraux qui voulaient justifier le bien fondé et l'inéluctabilité du capitalisme, et Marx qui adorait l'industrie et voulait en faire l'instrument du bonheur des prolétaires. D'où " le sens de l'histoire ", les voies progressives " vers le communisme, le " matérialisme historique " inventé par les bolchéviks, traduit plus justement par Staline en " matérialisme déterministe ". Aucun hymne à l'industrie et à la bourgeoisie n'a été plus éloquent et convaincant qu'une partie des écrits de Marx, dont " le Manifeste Communiste " qu'il faut lire et relire aujourd'hui !


    2)Il y aurait des civilisations supérieures et des civilisations inférieures, et ceci découle de 1).

    Il y aurait un progrès généralisé d'une civilisation inférieure à une civilisation supérieure. Il n'y a rien de plus faux. Il y a des civilisations différentes, disparates, dont certaines ont été détruites, ou dont les résidus ont été ossifiés ou rendus barbares par les propriétaires féodaux des pays ex-colonisés, et maintenus par l'Occident (le cas du Moyen Orient et des pays dits islamistes où les féodaux du pétrole ou de la terre brandissent un islam sauvage et cruel). Nos privilèges nous ont permis une aisance jugée enviable, exactement comme les grands propriétaires d'esclaves bénéficiaient de la démocratie à Athènes, pour eux-mêmes. Un certain type de progrès technologique se développe aujourd'hui à toute allure tous azimuts mais tend à se retourner contre l'humanité. Notre démocratie représentative aboutit à un fiasco et le peuple s'en détourne. Notre espérance de vie ne va pas durer et engendre abandon, solitude, exclusion, pauvreté. Pour une partie notable de la population âgée.


    3)L'industrie serait un acquis de civilisation.
    L'industrie est le capitalisme et ne s'en sépare point. C'est le capitalisme, le pouvoir de la bourgeoisie, la défaite des corporations qui ont engendré l'industrie, la productivité, la rentabilité, la compétition, le salariat comme complément adjacent des armées modernes, l'exploitation d'un type nouveau et impitoyable, toute production comme production guerrière ou de gaspillage, la production en série contre les besoins humains, le rejet des humains de la possibilité de décider quoi produire et comment, le passage de la création artistique, de la culture, du sport, de la médecine à la marchandisation la plus exécrable et mortifère…
    C'est le combat des humains contre cela, qui s'est manifesté très tôt, qui a retardé les effets les plus criants de certains traits malfaisants, et nous les a camouflés, c'est pourquoi nous ne les percevons réellement que maintenant, soit deux siècles et demi après le début de la grande industrie. Mais cela pouvait se lire en filigrane. Marx les avait perçus, lui qui pourtant a aimé l'industrie à la folie.
    De ce point de vue, avoir rêvé faire de l'industrie un instrument aux mains du prolétariat était un rêve d'intellectuel qui sous couvert de parler de la "dictature du prolétariat " ne parlait que de la dictature des partis uniques de bureaucrates industriels et d'intellectuels à leur service..
    4)Croyance selon laquelle le fait accompli était nécessaire, inéluctable, incontournable.
    C'est l'idée que le fait accompli par le pouvoir des armes constituerait une preuve de l'inéluctabilité de ce fait ; cela complète ce qui précède. Dans le même esprit, pourrait-on dire que le nazisme prouverait sa légitimité puisqu'il s'est imposé en Allemagne, ou pourrait-on dire que la guerre en Irak et le chaos au moyen Orient seraient légitimes puisqu'ils sont là ! etc.
    Ce qui est gagné, par les armes et le pouvoir de destruction, n'a pourtant aucune légitimité, ou alors il faudrait sanctifier les armes et la bêtise !

    Débarrassons nous de ces clichés, de ces croyances théologiques, qui fondent notre idéologie selon laquelle l'Occident représente la civilisation la plus avancée. Nous faisons une confusion entre une " civilisation avancée " et les " privilèges " dont nous avons bénéficiés, et nous attribuons ces privilèges au progrès humain. Ce ne sont que des privilèges, lesquels ont pris une forme faussement démocratique jusqu'à présent, en raison des combats que nous avons menés. Mais ces combats, qui n'ont pas été illégitimes, ont été menés sans considération des 2/3 de l'humanité, ils ont été menés pour nous seuls. Par exemple nous consommons allègrement du pétrole dans nos voitures chéries alors que ce même pétrole a détruit, destructuré des régions entières en privant les paysans de leurs terres, du bétail et de l'agriculture qui les faisaient vivre; le Nigéria, en constitue l'exemple le plus criant, montre dans quel état peuvent tomber les populations chassées de leurs terres, de leurs villages (misère, haine, destructions, barbarie..). C'est grâce à cette misère que nous avons de l'essence à la pompe…


     

    II)Réformisme social et inflation : les colonies et le colonialisme moderne au secours du réformisme social.

    Les keynésiens et post-keynésiens ont employé toute leur énergie à nier l'analyse de Marx sur la monnaie et l'inflation. Démontrant que l'Etat seul pouvait réguler le capitalisme, ils n'ont pas voulu reconnaître que cette régulation devait engendrer l'inflation. Reconnaître cela revenait, selon leur raisonnement étriqué, à donner raison aux libéraux auxquels ils n'attribuaient qu'une idéologie irréaliste. Ils n'ont jamais pu imaginer que la pensée libérale était totalement adéquate au capitalisme, puisque, selon eux, c'était leur pensée qui était la mieux adaptée à ce dernier. Ils ont donc fait des efforts théoriques considérables pour prouver que l'inflation était d'origine salariale (Keynes), retrouvant là un accord fondamental inattendu…avec une partie de leurs ennemis libéraux.

    L'absence d'intervention de d'Etat au niveau économique et social est pourtant la meilleure politique pour le capitalisme, ce qui va dans le sens de l'analyse de Marx. Par contre, cela signifie la pire des situations pour les salariés. Les postkeynésiens ne peuvent imaginer cela puisque la meilleure situation pour les salariés doit être la meilleure situation pour le capital. En réalité, dès le 19ème siècle il apparaît que l'interventionnisme social de l'Etat dégrade le bon fonctionnement du capitalisme, fait obligatoirement chuter le taux de profit, fait perdre de la valeur à la monnaie, donc met en cause le système de l'étalon or. Cependant l'intervention de l'Etat a été nécessaire pour maintenir la paix sociale. Après des périodes brèves d'interventionnisme (guerres, crises sociales), l'Etat permettait, à cette époque, le retour à la parité précédente par de terribles politiques de déflation (réduction de toutes les dépenses de l'Etat, réduction du nombre des fonctionnaires, retour à l'équilibre budgétaire, remboursement de la dette, restriction du crédit dont faisaient les frais les petites et moyennes entreprises, donc concentration du capital). L'Etat tentait d'amoindrir le coût économique et social de ces politiques par la recherche d'un financement extérieur qui pouvait venir des colonies ou des pays vaincus dans une guerre. Napoléon a fait payer par les pays occupés ou vaincus la stabilité monétaire de la France pendant les grandes guerres, ainsi que les réformes économiques en France (les routes, les canaux, les lycées, les institutions publiques..). Ceci serait à établir très exactement. Il n'y a pas de travaux précis sur cette question et c'est dommage, mais seulement des indications. L'Angleterre fit de même.
    Pour les pays dominants de l'époque, la stabilité monétaire était acquise par les ponctions faites sur les pays vaincus ou les pays dominés.
    Personne n'a voulu reconnaître cela. Comment les keynésiens et postkeynésiens ont-ils tenté de s'en sortir, au 20ème siècle pour financer le réformisme social par des politiques dites keynésiennes qui n'entraînent pas l'hyperinflation ? Pour vaincre une inflation galopante, il a fallu doser sans cesse ce qui était concédé aux travailleurs et faire en même temps des politiques de rigueur.. Et il a fallu accepter le déficit budgétaire, l'endettement continu. Et surtout, il a fallu tenter de diminuer l'augmentation des salaires par la diminution des prix des denrées les plus nécessaires : l'industrialisation de l'agriculture et de l'alimentation a été de nerf de la guerre des politiques dites keynésiennes, de même que l'industrie d'armement, ce qui a fait le désespoir de la keynésienne Joan Robinson dans ses vieux jours (années 70).
    Néanmoins, une inflation rampante a toujours été de mise durant tout le 20ème siècle, jusqu'à son explosion dans la décennie 70, dont la principale cause venait de l'impossibilité pour le système capitaliste de continuer à engranger des politiques sociales incompatibles avec la recherche de la compétitivité. La décennie 80 retrouve la stabilité monétaire grâce à des politiques de restrictions très dures sur le plan social, politiques proposées par les libéraux anglais et américains, et reprises par toute la social-démocratie européenne. Peut-on mieux prouver à quel point les politiques keynésiennes, relativement favorables aux salariés, étaient totalement inadéquates au système capitaliste ? La social-démocratie le prouve par son activité, et continue de le nier sur le plan théorique…
    Ceci tend à prouver qu'il n'y a pas de possibilité de conciliation, à terme, entre la justice sociale d'un côté et la " profitabilité " capitaliste de l'autre (mot barbare à la mode). S'il a pu apparaître que c'était possible sur une courte période, c'est sans doute en raison de l'immense richesse des capitalismes occidentaux, et du draînage considérable de la valeur issue des travailleurs des colonies ou des pays soumis. Mais cela n'est pas durable. Marx expliquait dans " Salaire, prix et plus-value " qu'il ne fallait jamais s'exagérer les possibilités d'obtention de bienfaits sociaux de la part du capital, car, selon lui, le retour de bâton était inévitable en raison de la tendance à la chute du taux de profit. Cette tendance, que le capitalisme combat sans cesse, exige que le capitalisme trouve toujours plus de nouvelles sources de plus-value, et dans le salariat occidental, et au sein de la population dans pays du Tiers monde, c'est à dire heurte toujours davantage de plein fouet les intérêts des salariés. Le libéralisme est, de ce point de vue, le retour à une forme " normale " du capitalisme.
    C'est en se fondant sur cette analyse que Marx niait pratiquement toute possibilité à long terme du réformisme et qu'il combattit les idées de Sismondi dans une féroce polémique posthume qui lui était coutumière. Ce suisse mourut en 1842, donc Marx ne le connut pas. Sismondi, dénonçait la misère engendrée par le capitalisme et exigeait l'intervention de l'Etat pour mettre un terme aux scandales les plus criants. Sismondi ne savait pas, à son époque, à quel point cela était difficile au capitalisme, et vers quelles difficultés monétaires les pays dominants risquaient d'aller. Marx préférait, quant à lui, voir s'accélérer la crise sociale (par le libre échange par exemple), qui devait pousser le prolétariat des pays riches à partir à l'assaut du capitalisme. Cela ne se produisit pas, sauf sous la forme de la Commune de Paris en 1871, après des répétitions avortées en 1830 et 1848, et ne se répandit pas dans toute la France, ni ailleurs. Elle fut écrasée et fut prise par contre comme modèle en Russie en 1905 et en février 1917, pour se faire ensuite dévorer par des intellectuels dits bolchéviques prolétariens.
    Paradoxalement, les idées de Sismondi triomphèrent dans les grandes crises sociales, et Keynes fut également l'apôtre, un siècle plus tard, de l'intervention de l'Etat pour tenter, non pas tant de " réguler " le capitalisme, mais de maintenir tant bien que mal la paix sociale, dont il s'avérait que la mise en cause pouvait emporter le système.
    Cet interventionnisme d'Etat s'est toujours accompagné de guerres, il s'est nourri de la ou des guerres, puis d'industries d'armements colossales, et de l'exportation de la guerre dans les pays dépendants (voir Noam Chomsky " la guerre comme politique étrangère des USA ") , et ceci continuellement depuis la seconde guerre mondiale.
    Dans la concurrence internationale d'aujourd'hui, la stabilité monétaire est un élément fondamental. De ce fait l'exercice du " réformisme " dans ces circonstances devient plus qu'un casse-tête chinois pour n'importe quel type de gouvernement des pays dominants ; c'est un exercice presque impossible pour un gouvernement dit de gauche, qui doit donner un " coup à droite ", " un coup à gauche ", non pas par incohérence, mais pour satisfaire à des exigences toujours plus contradictoires. Jusqu'au moment où il devient nécessaire de suspendre tout réformisme, ainsi que les libertés publiques, sous des prétextes divers comme la " menace terroriste " qui a été sciemment suscitée par ailleurs par la politique étrangère capitaliste.

    Le réformisme ne semble donc pas viable sur un long laps de temps, ou alors en exploitant très durement les peuples des pays du Tiers monde et en bâtissant des forteresses autour des pays riches. Il est fort possible que la dureté des politiques proposées par le FMI, et la recherche de la libre circulation des capitaux (voir l'utilité des crises financières qui s'en sont suivies nécessairement) aient eu pour objectif essentiel de drainer davantage de plus- values des pays du Tiers monde vers les pays dominants, par le canal boursier, afin, entre autre chose, de permettre la stabilité monétaire dans les pays riches, tout en évitant le chaos social. Les post-keynésiens s'efforcent toujours de nier cela en prétendant que l'activité essentielle de la bourse, aujourd'hui, est la spéculation. L'activité au sujet de la taxe Tobin (décriée par Tobin lui-même) aboutit à détourner l'attention du fait le plus important de la fin du 20ème siècle et du début du 21ème siècle : le drainage inouï des richesses venues des pays dominés vers les pays dominants.
    Et déjà sont en route la perte de citoyenneté et de l'esprit critique, l'écrasement de ce qui reste comme paysans et artisans traditionnels, la dévastation de l'environnement, la xénophobie comme réponse des salariés pour garder leurs " privilèges ", l'aggravation du chômage, une précarisation extraordinaire, la perte progressive, non seulement des privilèges, mais des réels acquis sociaux…ceci dans les pays riches. Dans les pays pauvres, sont à l'ordre du jour, les génocides, un terrible exode rural, la destruction de toute la petite production, la disparition de pans entiers de la bourgeoisie, une corruption éhontée pour l'autre partie, une pollution ravageuse, la famine comme politique sociale, le renouveau de toutes les maladies connues …

     

     

    Encore sur l'inflation

    (Janvier 2012)


    Sur la question de l'inflation et de la masse monétaire. La vulgate économique veut que cela ait un rapport direct, avec des nuances, selon certains.
    ça n'a pourtant aucun rapport automatique selon nous, sauf dans un cas, et ceci dans la société capitaliste, quand c'est l'ETAT qui fait marcher la planche à billets dans un objectif de dépenses de revenu et non d'avance en capital . C'est Marx qui reprend la distinction qu'il a prise chez Smith. Elle est non seulement intelligente mais conforme à la réalité historique.

    Si l'Etat fait des avances en capital à des sociétés d'Etat, ou des sociétés privées, en vue de les faire fructifier (via l'exploitation), il n'y a jamais d'inflation.
    Si les banques créent de la monnaie ou du capital, par des moyens divers, pour les besoins du capital: pas d'inflation.
    Si au contraire l'Etat crée de l'argent pour faire la guerre (dans le cas de la monnaie métallique, c'est là que l'Etat faisait truquer les parts respectives de métal) dans un but de dépense de revenus, c'est l'inflation gigantesque, donc des dépréciations monétaires qui ont amené la fin de la circulation monétaire métallique de valeur, et cela s'est toujours vérifié.
    Si l'Etat fait marcher la planche à billets pour couvrir des services publics, cela a le même effet, c'est bien la raison première et fondamentale des libéraux au 19ème contre les dépenses sociales (ne désirant pas plus qu'on les finance par l'impôt), car la stabilité monétaire est également fondamentale pour les activités du capital.

    D'où, les théories de Marx sur le travail productif sont capitales.

    Tout ceci éclaire d'un jour on ne peut plus éclatant les politiques néolibérales actuelles:
    -rentabilité des services publics ou disparition
    -Banques centrales indépendantes ne répondant plus aux besoins des Etats (couverture en dernier ressort), d'où fureur des deux Etats européens prépondérants contre la fin de l'indépendance de la banque Centrale hongroise.
    -Tour de vice à toutes les dépenses sociales
    -obligation de la stabilité monétaire (par la règle d'or du budget) etc
    -remboursement de la dette publique pour mettre tout le monde au pas
    -diminution des impôts (ça c'est c'est pour affirmer les privilèges de nos féodaux)
    -paiement des guerres par les pays ravagés par ces guerres (Napoléon faisait payer les pays soumis. L'Allemagne a dû rembourser des sommes qui ont conduit au fascisme; les colonies ont payé un tribut considérable; l'Irak, l'Afghanistan payent par des voies détournées des sommes très importantes)....

    Le capitalisme libéral a une vue très aiguisé des intérêts du capital et n'agit que conformément à cela. A part cela, il n'est pas méchant, il est par essence amoral. C'est pour ça que Hayek (économiste autrichien du début du 20ème) rigolait sur la justice sociale en disant qu'elle n'avait rien à faire dans l'économie.

    Selon nous, si l'on suit ce raisonnement, toute la politique actuelle est d'une logique imparable.

    Sur le fascisme, Daniel Guérin avait écrit un livre d'une grande actualité aujourd'hui "fascisme et grand capital".
    L'astuce du fascisme nazi était d'adopter le langage des communistes auprès des masses ouvrières (identité des tracts). Quant au fond il répondait aux besoins fondamentaux du grand capital et rien d'autre.
    De ce point de vue, si les masses font l'histoire selon Marx (en fait c'était un mort d'ordre populiste, mais pas tout à fait faux, dont il se foutait, puisque les lois de l'histoire devaient imposer le communisme), elles peuvent marcher également un temps dans le massacre de ceux désignés comme étant un danger public, quand elles sont habilement endoctrinées.