MARX AU 21ème SIECLE ?

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    Le SALARIAT

    Nous avons brièvement abordé cette question sans aller jusqu'au bout du problème que pose le salariat.

    Dans la rubrique "démocratie", dans la conclusion, nous avons écrit:" Nous reparlerons plus loin du salariat moderne, qui comprend bien sûr la classe ouvrière traditionnelle, pour indiquer qu'il n'est pas devenu une classe homogène puissante, capable à lui seul de chasser le capitalisme, mais un conglomérat aux intérêts parfois apparemment divergents, et qui oppose ceux qui bénéficient encore des « avantages acquis » à ceux qui n'ont rien, dans la négation de l'internationalisme. "

    (lire notre dernière analyse de sept 2010 en fin de rubrique )

    (Lire la rubrique "Plein emploi libéral"

    La disparition des salariés en "col blanc".

    (d'après Le Monde du 29-10-16)

    Les "véhicules sans conducteurs": vision d'avenir ! Cela concerne 3,9 millions d'emplois aux USA dans 29 Etats. Plus tous les emplois induits dansles Assurances, la réparation mécanique, la restauration.... Le Président du syndicat des employés de services Andrew Stern, a démissionné, tous les bons emplois vont disparaître sous l'effet des nouvelles technologies... Puis les comptables, les avocats, les analystes financiers...peuvent être remplacés par des algorithmes... Plus besoin de programmes de formation, c'est l'emploi qui disparaît... Alors l'idée du "revenu de base universel" est né (voir notre rubrique "Plein emploi libéral"), idée géniale qui semble intéresser la droite comme "la gauche". Plus de salariat et tous les droits qui y sont rattachés ! A bas l'Etat Providence !

    Ces emplois de services, en disparaissant, emporteront les classes moyennes. C'est là-dessus, entre autres, que Donald Trump a cultivé ses choux gras face à une gauche bêtifiante..

    le 9-11-16

     

    Le chômage vu par Tirole

    Selon Jean Tirole l'économie serait une science.. pas tout à fait parfaite

    Ce ne serait pas une science parfaite mais quand même, Jean Tirole ne "dit que ce que dit la science": "L'économie n'est pas au service des intérêts particuliers, ni de la propriété privée de ceux qui veulent utiliser l'Etat pour... faire prévaloir leurs intérêts "(Le Monde du 10 mai 2016) .
    Selon lui le chômage va croître encore, parce que la société choisit des institutions qui créent le chômage, en empêchant la mobilité de l'emploi, les gens voulant garder (sottement...) leur CDI.
    Fondamentalement Tirole est pour la suppression de toutes les couvertures sociales et pour une baisse des salaires qui résorberait tout le chômage, mais il ne le dit pas franchement. Il est pour une solution du type de celle de Ricardo au 19ème: surtout pas d'aides sociales pour que les pauvres soient obligés de travailler pour un quignon de pain en restant pauvres. C'est ce que dit la science, et se faisant "l'économiste est neutre fondamentalement".
    Ceci appelle un certain nombre de réflexions.

    Dans une économie capitaliste industrielle, d'exode rural important, débarrassée de l'économie familiale traditionnelle, la seule solution pour vivre est le salariat, avec une marge réservée aux professions libérales.

    -Si la fixation du salaire est libre, c'est à dire sans rapport de forces social pour un salaire qui permette au moins de manger, de dormir et de nourrir des enfants qui iront au travail dès 6 ans, ce salaire sera le plus bas possible, et il n'y aura presque pas de chômage, mais les gens seront à la limite de mourir de faim. Les mendiants regrouperont les individus dans l'incapacité de travailler un tant soit peu.

    -Dès lors qu'un rapport social impose un salaire qui soit presque humain: manger, dormir, se vêtir, avoir des enfants qui puissent au moins apprendre à lire, le capitalisme tente de produire des machines qui remplacent le travail humain. Ceci dans le but de maintenir le salaire au plus bas. Naît alors ce que Marx appelait "l'armée industrielle de réserve". De ce point de vue Tirole a raison, C'est la revendication sociale qui aboutit à la hausse du salaire lequel crée le chômage. Parce que le capitalisme fonctionne ainsi. Là où la plus-value a tendance à se rétrécir sous l'effet des luttes sociales, le capitalisme contre-attaque en créant des machines pour remplacer le travail, mais particulièrement là où la revendication sociale est forte, dans les bastions ouvriers.

    -Dès lors qu'une révolution sociale menace le monde capitaliste, comme en février 1917 en Russie, et octobre 1917 vu comme la déferlante bolchévique sur le monde capitaliste, le monde ouvrier peut espérer voir son salaire augmenter.

    La stratégie capitaliste est alors de deux sortes:

    1)tenter de déplacer et remplacer les revendications sociales en revendications de consommation. Dès 1920 se met en place aux USA le fordisme (que chaque ouvrier ait sa voiture) qui est à l'origine de la consommation de masse. Le capitalisme accepte une diminution du capital au profit de cette formule pour soumettre le salariat à ses vues. Pour que celle-là soit actionnée, il faut des circonstances exceptionnelles, soit la certitude que le capitalisme est en danger, soit la fiction que le capitalisme est en danger .

    2)Si cette fiction a ses avantages, elle a aussi ses inconvénients pour le développement de la plus-value. Il faut donc maintenir en même temps une armée industrielle de réserve pour limiter la hausse des salaires. D'où le maintien d'une recherche constante en vue de remplacer le travail par des machines. Mais cette substitution ne doit pas aller vers la suppression du salariat. Il s'agit seulement de limiter la hausse des salaires.
    Soumettre et acheter le salariat par la consommation, mais avec des salaires qui doivent rester bas, d'où l'invention géniale du crédit.

    Ce raisonnement relève-t-il de la science ? Il relève en tous cas de la connaissance des rapports de forces, de leurs effets, et des moyens de les pervertir. L'économie, la plus scientifique, serait la science des rapports sociaux. (de Gaulle était très fort dans ce domaine)

    C'est alors que se produit peu à peu la certitude que les révolutions sociales peuvent être "absorbées" par le capitalisme, qu'elles sont toutes rapidement vidées de leur contenu (justice, solidarité, production utile, bien être, culture et instruction pour tous), ou confisquées par ceux qui s'en réclament. Est-ce la science de l'observation ? Cela relève-t-il du déterminisme ? Non, c'est peut-être pourquoi Tirole introduit la notion d'incertitude dans l'économie... Un jour les révolutions ne seront plus confisquées...Mais cela, ce n'est pas Tirole qui le dit.

    Nous sommes dans le cas actuellement, où les révolutions ont été tellement confisquées, que les salariés n'en veulent plus, ils en rejettent même l'idée; Ils veulent bien qu'on leur conserve la société de consommation et la société industrielle avec tous les effets nocifs sur l'environnement, mais la révolution telle qu'elle s'est achevée partout, non..
    La stratégie capitaliste rêve alors d'appuyer cette déconvenue, en faisant la guerre à tout ce qui fut et est appelé "acquis sociaux". C'est la recherche de la baisse des salaires tous azimuts: multiplication du travail précaire, des petits boulots, suppression des aides sociales, destruction des services de santé et d'éducation, baisse de la couverture chômage. Et surtout automatisation à tout va. En avant l'utilisation de la science et des techniques pour supprimer et contrôler le travail !! Jamais le capitalisme n'a été aussi inventif dans ce domaine. Dans le même temps tout est fait pour accélérer la concurrence et la compétition, ce qui permet de jeter des milliers de salariés à la rue. L'objectif est de convaincre qu'il n'y a plus assez de travail pour tous, et que le marché de l'emploi doit être une compétition impitoyable qui écartera les nuls qui devront à terme se contenter des works-houses modernes. Il faut que le salaire baisse, et dès lors, la consommation de masse est moins utile.

    Autrement dit ce sont les rapports sociaux dans le capitalisme qui créent le chômage, l'amplifient ou le diminuent. Il ne peut pas y avoir une société capitaliste dans laquelle chacun trouve son compte. La rémunération des dirigeants des sociétés du SBF 120 " (septembre 2015) nous indique : 8,1 millions d'euros (équivalents à 598 années de Smic) pour Jean-Paul Agon (L'Oréal), à 15,2 millions d'euros (1 122 années de Smic) pour Carlos Ghosn, patron de Renault-Nissan.

    Est-ce une loi ? C'est ainsi. Les rapports de forces exigent qu'il en soit ainsi. C'est pourquoi, l'économiste n'est pas neutre, comme le pense Tirole. La rémunération des patrons est la contrepartie d'une révolution confisquée, et d'un salariat soumis. Si la différence des revenus était bien moindre, le salariat serait en position de force, et peut-être supprimerait-il les patrons ? L'économiste peut-il dire ce qui est bon "en soi" ? S'il pense en termes d'égalité des revenus, il est hors course. Pour qu'il y ait exploitation du travail, donc plus-value, donc croissance du capital, il est nécessaire qu'il y ait cette minorité de patrons hyper-riches avec les appareils d'Etat à ses côtés, pour casser le salariat.
    Donc l'économiste ne dit pas la science, il choisit son camp, et il analyse comment évoluent les rapports de force.

    Mais comme il y a incertitude, et que les humains ne sont pas contrôlables à terme, émergent de nouvelles formes de contestation qui se veulent à terme victorieuses, les jeunes surtout, les femmes, et des moins jeunes. Ils ont compris ce qui était susceptible d'être confisqué et comment. Ils avancent à vue, et se posent la question du comment défaire un rapport de forces....pour un rapport de forces en leur faveur. Pour faire quoi ? Sûrement pas une société industrielle avec un salariat, sûrement autre chose. C'est l'imprévisible, dont on peut cependant déceler les orientations depuis quelques années.
    Les jeunes lèvent les bras: "sans violence, on avance" (fermement)..(manifs de Nuit Debout)
    AMC 13-5-2016

     

     

    La disparition de la qualification ouvrière

    Tout au long du 19ème siècle et du 20ème, le capitalisme tend à homogénéiser le salariat dans ses compétences. La qualification se réfugie chez les ouvriers hautement qualifiés, les techniciens, ingénieurs, ou artisans, quand ils parviennent à subsister.

    De la même façon que les grandes surfaces remplacent les magasins spécialisés (quincailleries, drogueries, cordonniers.. entre autres ), le travail automatisé et la standardisation tendent à effacer tout travail qualifié, et plus précisément le bel objet, solide, d'un bon usage, bien fait, pour un substitut de mauvaise qualité qu'il va falloir très rapidement racheter.. car il ne vaut rien et ne remplit pas les fonctions qu'on espérait. Mais il y a bien sûr des exceptions. Parfois la technique est utilisée au profit de produits utiles et intéressants, par exemple dans l'outillage.

    Nous voulons décrire ici comment un artisan -ouvrier disparaît peu à peu, d'une part parce que son bel ouvrage devient trop cher par rapport à des produits standardisés, et d'autre part parce que la population s'habitue à d'autres objets moins beaux et plus clinquants, c'est particulièrement vrai dans l'ameublement

    La disparition du tapissier.

    Le père Butte est tapissier. Son père était scellier.

    Il s'est formé professionnellement à Paris. La formation était difficile et demandait l'union du travail intellectuel et du travail manuel. Cet aspect des choses a été bien analysé par Marx.

    Son métier était passionnant selon lui. L'outillage était complexe, les matières premières variées, de plus en plus difficilement trouvables au fil du temps, car les fournisseurs de marques se sont fait avaler par des grosses boîtes qui ont simplifié au maximum les fournitures. Celles-ci ne donnent plus satisfaction. La variété des tissus a été abolie. La standardisation a éliminé le foisonnement des matières premières, tout en multipliant abusivement les produits finis et les emballages. Aujourd'hui qui peut et veut refaire faire par exemple un fauteuil ? Le type d'habitation moderne ne s'y prête pas en plus.

    A passé toute sa vie à travailler jusqu'à 10h par jour, sans pouvoir prétendre être au chômage, et sans pouvoir prendre de vacances. . Il touche entre 800 et 900 euros mensuels à la retraite, et personne ne reprendra son travail. Il ne pourra revendre ses outils. Tout au plus tout ira dans un musée.

    Le changement se fait au détriment de la qualité du travail, de la qualification de celui qui l'exécute, du savoir faire, de la compréhension ...

    ...............

     

     

    LE SALARIAT COMME PRODUIT DU CAPITALISME

    Le capitalisme a supprimé en Europe les jurandes, corporations, castes professionnelles, dont la base était le métier, par l'introduction, sous des formes diverses, de la concurrence, laquelle constitue son fondement. En France, la loi Le Chapelier de 1791 scelle la constitution du capitalisme. Par là même, sans aucune contestation possible, la révolution de 1789 (même si le mouvement des grandes masses paysannes et populaires a défait la monarchie de droit divin et le féodalisme), est une révolution bourgeoise. De 1791 à l'arrivée de Napoléon, la bourgeoisie va liquider tous les aspects les plus progressistes de la révolution, et entre autres, va rétablir l'esclavage dans les Caraïbes.

    Le capitalisme constitue dès lors un nouveau mode de travail dans les entreprises qui caractérise l'opposition de classes, et la lutte des classes qui lui est propre, c'est le salariat. Mode de travail spécifique non seulement parce que le salarié vend sa force de travail à l'employeur, mais parce qu'il accepte de la soumettre à son bon vouloir. Le compagnonnage disparaît. Les définition et organisation du travail dont désormais données par des cadres de l'entreprise, plus d'outils personnels, plus d'initiative propre; la description des objets à produire est faite par l'entreprise, en fonction des critères du marché, et non par l'assemblée de la corporation.

    Le salariat au 19ème siècle c'est : la soumission à la discipline, le respect de la hiérarchie, l'obéissance, la répétition des gestes, le rendement, les horaires de travail décidés au sommet dce l'entreprise, la fin de l'apprentissage du métier, la fin du métier.

    En clair, une classe sociale possède les moyens de travail et une autre exécute le travail sans que rien ne lui revienne si ce n'est un salaire de misère pendant des dizaines d'années. C'est cela le fondement de la lutte des classes sous le capitalisme, et ceux qui se gobergent de son inexistence pratiquent l'escroquerie intellectuelle et la cécité volontaire. Ce n'est pas pour rien que le capitalisme va diligenter des armées d'intellectuels, économistes, philosophes, historiens et sociologues pour argumenter sur cette inexistence.

    Au départ le salariat est essentiellement constitué du prolétariat ouvrier.

     

    L'EXTENSION DU SALARIAT

    Les grandes batailles menées par le prolétariat tout au long du 19ème siècle, lui permettent de reconquérir d'une part l'organisation collective perdue du compagnonnage, d'autre part la reconnaissance de droits (le droit de grève, les syndicats, la diminution de la journée de travail, l'augmentation des salaires, l'école, le jour de repos, etc etc). L'AIT crée en 1864 lui donne la certitude qu'à terme, l'usine, les outils, les moyens de production appartiendront un jour aux prolétaires.

    Grâce aux combats menés, se constitue une culture ouvrière faite de traditions, de comportements collectifs, de normes communes, et d'attachement à l'usine, ou à la mine. Cet attachement mériterait une analyse spécifique. L'industrie recrée rarement des métiers mais des qualifications et savoir-faire, c'est à dire plus que des communautés d'intérêt. Mais également l'industrie nationale crée l'idée, souvent fausse, d'activité indispensable à la nation et non pas au peuple. En réalité les industries ne sont soumises qu'à la loi de la rentabilité, et peuvent disparaître même si elles assuraient une autonomie à la nation en question (1)

    Dès lors le capitalisme n'aura de cesse de tenter d'isoler le prolétariat ouvrier au sein du salariat, en créant des catégories nouvelles de salariés: les employés des grands magasins et du commerce, et les fonctionnaires. Malgré le libéralisme, le capitalisme va voir se développer en son sein le patronat social dont le souci est de promouvoir la paix sociale par l'attachement des ouvriers à leur entreprise. Et l'Etat va devoir intervenir de plus en plus, par exemple au niveau de l'école et des lycées : extension des instituteurs et des professeurs, laïcité en France réappropriée par la bourgeoisie à la suite de sa promulgation par la Commune de Paris, en 1871.

    Au fur et à mesure que les acquis sociaux vont se développer, les grands commis d'Etat deviendront salariés, et les ouvriers les plus précaires et sans droit deviendront également des salariés. L'intervention de l'Etat devenant systématique après la crise de 1929, des catégories de fonctionnaires nouvelles vont apparaître et n'auront plus rien à voir avec les prolétaires du 19ème siècle. Le prolétariat va devenir une minorité dans le salariat.

    Si le salariat exprime l'opposition de classes propre au capitalisme, la lutte des classes traverse aussi le salariat, et les contours flous de ce dernier peuvent sembler éroder la réalité de la lutte des classes.

     

    LE SALARIAT COMME NORME CAPITALISTE: FORMATAGE SALARIAL

    Les salariés finissent par intégrer que le salariat est la norme du travail non seulement la plus acceptable mais la plus avantageuse, et ceci très nettement après la deuxième guerre mondiale. Par rapport au travail artisanal, cette norme est celle qui permet le moins d'heures de travail, le salaire le plus avantageux, les conditions de travail les meilleures, le plus d'avantages (sécurité sociale, couverture chômage, et vieillesse), et le moins d'aléas. Se perdent l'idée de l'appropriation individuelle des moyens de travail, l'organisation personnelle du travail, l'imaginaire technique propre, la créativité technique, l'union du travail manuel et du travail intellectuel qui était le fondement de l'existence au travail du compagnon etc..

    Le salariat est défini et pensé au 20ème siècle comme étant éternel, c'est une norme sociale incontestable. Le syndicalisme s'est fondue dans cette intégration, a repris la norme à son compte, a fait fixer les acquis sociaux dans une bible définitive: le code du travail. Ceci à tel point que l'ouvrier ou l'employé salarié ne parviennent plus à concevoir leur existence hors des rapports de contrat à durée indéterminée et hors de la fonction publique. Le rêve de tout contractuel est que ce contrat devienne à durée indéterminé.

    La révolte sociale de 1968, du côté des jeunes, a exprimé le rejet du salariat, le rejet de cette norme, mais cela n'a pas été repris par le mouvement politique.

    Le travail salarié était au contraire porté aux nues par les organisations politiques et révolutionnaires dans le capitalisme: LUTTE OUVRIERE par exemple a préconisé en 1968 que tout militant devait retourner à l'usine, tandis que les pays communistes mettaient au premier plan les prolétaires pour justifier le pouvoir du parti. La pérennisation du prolétariat dans le système communiste avait sa contrepartie dans celle du salariat dans le capitalisme.

     

    "A BAS LE SALARIAT" : QUEL SENS AUJOURD'HUI ? LE POINT DE VUE DE MARX.

    Marx avait idéalement préconisé sa disparition. Comme nous l'avons indiqué ailleurs, il écrit au moins deux fois "A bas le salariat". Mais il ne s'est jamais risqué à expliquer ce que cela pouvait vouloir dire ou à se battre sur ce mot d'ordre !

    De plus que veut dire "A bas le salariat" quand, dans le même temps, Marx désire que toutes les couches populaires paysannes, artisanales, commerçantes, tombent dans le prolétariat salarié ?

    Cela ne signifiait certes pas le retour à une forme d'auto-organisation du travail dans la restauration de la petite production, puisque Marx était l'adepte des formes industrielles les plus développées et les plus automatisées de la production. Alors ?

    Cela ne pouvait que signifier la volonté de voir se construire l'après communisme, suite à la dictature du prolétariat, dans une production quasi automatisée où l'individu ne travaillerait plus que 3 à 4 heures par jour, comme Godwin l'imaginait au début du 19ème siècle en Angleterre. Il se serait agi dès lors d'une forme de travail salarié qui tendrait vers sa négation, l'individu recevant de la société tout ce qui lui serait nécessaire pour satisfaire ses besoins.

    Dès lors, pensait Marx, l'individu débarrassé du travail exploité et aliénant, pourrait se jeter à corps perdu dans la création, mais ceci, hors de la réappropriation du savoir technique, puisque ce dernier appartiendrait aux machines...

    On ne voit pas à quel niveau aurait pu se réconcilier le travail manuel et le travail intellectuel puisque ces formes de travail auraient disparu.. Et s'ils ne disparaissaient pas, où auraient-ils pu se recréer puisque Marx rejetait le travail individuel de production ?

    Il n'y a pas à ce niveau là une illusion, mais une impossibilité, et une méconnaissance de la réalité. L'homme qui veut échapper à l'exploitation et l'aliénation se réapproprie nécessairement son travail, du début jusqu'à la fin, et ne conçoit la machine, non pas pour le remplacer, mais pour l'aider.

    Curieusement, le capitalisme a produit une technique dont l'utilisation aboutit à la dépossession du producteur de son travail, à la dépossession de la grande masse des gens de la connaissance technique: l'électronique, au profit d'une petite élite, et ceci sous couvert de la libération du travail pour les hommes. André Gorz y voyait dans un de ses ouvrages l'arrivée de l'ère de la liberté humaine. On peut rétorquer à cela qu'il convenait de ne pas utiliser l'électronique pour tout et n'importe quoi. Car l'électronique est le prétexte aujourd'hui à ne plus rien réparer mais à changer les pièces défectueuses d'un bloc, changer d'ordinateur, changer de voiture, de machine à laver etc.. Cette technique caractérise l'ère du gaspillage le plus éhonté et non pas celle de la liberté.

    Oui internet c'est génial au niveau de l'information, mais quand ça ne marche plus, une armée d'accrocs et d'esclaves se soulève pour demander la dose nécessaire pour ne pas succomber... Et c'est souvent que ça ne marche plus, la création personnelle est alors tarie et ne trouve plus d'éxutoire ?

    A notre avis, la création, ça n'est pas simplement utiliser des instruments librement, c'est pouvoir créer les instruments soi-même et ne dépendre de personne.

     

    RETOUR A L'APRETE DES RAPPORTS DE CLASSES: LA CRISE.

    Tant que la croissance permet de produire en masse des marchandises, que le crédit permet aux salariés d'acheter ces mêmes marchandises jusqu'à plus soif, et que ces salariés acceptent leur exploitation, leur épuisement, leurs maladies et leur soumission.... le système fonctionne, sur l'arrête d'un couteau certes, mais cela fonctionne, au point que les dominants croient soudain en être à la fin de l'Histoire dans l'éternité de leur arrogance, et finalement de leur stupidité.

    La crise ! Rien ne vas plus. Le crédit s'effondre, le marché s'effondre, la bourse s'effondre dix fois plus vite, les banques font faillite, les investissements stoppent, la concurrence s'en prend aux plus grands groupes... les entreprises ferment et ce sont des licenciements massifs.

    Tout d'un coup la réalité profonde du système saute à la gorge des salariés: les moyens de vivre n'appartiennent pas aux producteurs mais à ceux qui possèdent les moyens de travail. Ces derniers ont le pouvoir de vie et de mort sur les salariés "Je vous mets dehors, je vous fais jeter à la rue, vous et vos enfants. Je ne vous autorise même pas à coucher sur le trottoir de mon banquier bien aimé, et si vous me bousculez quelque peu, je porte plainte auprès de la justice (la mienne, pas la vôtre), au nom de la morale la plus élémentaire...la morale des possédants dont je suis".

    La lutte des classes est là, elle a toujours été là, mais on ne s'en souvenait plus.

    La surproduction de toutes les marchandises s'étale comme une prostituée lascive, mais les salariés n'ont pas le droit d'y toucher. Les possédants compressent pour les détruire les voitures neuves, vident les appartements de leurs habitants, mettent de la javel sur la nourriture (toutes les grandes surfaces le font), mais vous, les salariés, vosu pouvez crever à côté. La police aura bientôt le droit de vous tirer dessus si vous avancez la main. D'ailleurs pourquoi s'en priverait-elle puisque les soviétiques l'ont fait avec les ukrainiens en 1933 !!!

    Il faut quand même faire des comparaisons utiles: La BNP a annoncé le 6 août 2009 qu'elle mettait de côté 1 milliard d'euros pour les bonus de ses traders (alors que le gouvernement avait jugé bon au début de la crise "d'aider" avec des millions d'euros les banques en tout premier lieu); une semaine avant, les salariés de New Fabris, jetés dehors comme de la marchandise avariée, obtenaient 12000 euros chacun, et non pas 30000 comme ils le demandaient. Ils renonçaient à faire sauter l'usine, se disant sans doutes, que s'ils le faisaient, ils n'auraient même pas ces miettes.... Cela représente quoi ? 366 salariés x 12000 euros = 4 392 000 euros. S'ils avaient obtenu 30000 euros chacun, cela ne faisait même pas 1 md d'euros.

    Pas une centrale syndicale, pas un parti dit de gauche n'a fait ce type de comparaison à l'avance, publiquement; pas un d'entre eux n'a fait des comparaisons avec les salaires et les retraites de nos députés et ministres !!! Il ne faut surtout pas aviver les contradictions entre " eux " et la majorité de la population !

    Qu'est-ce que cela signifie ??

    Les syndicats, partis et organisations de gauche et d'extrême gauche ne sont pas des traîtres mais ILS SONT INTEGRES A L' ETAT. Ils vivent eux-mêmes en parasites sur le dos des exploités. Et ceci est à la mesure de l'effondrement des rêves créés par le marché capitaliste lui-même.

    Avec la crise, ils n'ont pas grand chose à dire. Ils ne peuvent même pas dire "Allons-y tous ensemble", car ils n'ont rien à proposer, ils ne savent pas dans quelle direction aller, ou si certains le disent quand même, ils nous resservent les vieilles recettes sur le bon communisme, le vrai, le seul...qui serait l'unique issue.

    Le désespoir des salariés des entreprises se concentre non seulement dans la perte de leurs moyens de vivre mais dans la perte de cette culture ouvrière qui leur redonnait de la dignité, qui donnait un sens et un contenu de leur vie au travail. Licenciés, au chômage, ils ne sont plus rien.

     

    LES SOLUTIONS TRANSITOIRES PASSENT PAR LA DEMOCRATIE A LA BASE

     

    Face au désespoir et au vol dont ils étaient l'objet, les argentins avaient trouvé en 2001, dans les assemblées populaires qu'ils ont inventées, des solutions d'urgence. Retour au troc: marchandise contre marchandise, marchandise contre service; une monnaie permettant l'échange et non la représentation du capital; des jardins populaires gardés par les habitants, des cantines populaires pour tous, des échanges privilégiés avec les agriculteurs ..et surtout l'occupation des usines, et l'attribution par les tribunaux, entourés par la population, de leur propriété. Il est tout à fait caractéristique que pas un syndicat n'ai lancé en 2009 le mot d'ordre "occupation des usines" . On est en deça de 1936 !!

    Et dans les assemblées, ils n'autorisaient aucune organisation, aucun syndicat à venir: "Dehors!", tel était le mot d'ordre. Chacun venait en son nom propre. C'est bien la raison pour laquelle, il n'y a pas eu de publicité autour de ce qui s'est fait en Argentine.

    Cet exemple historique montre que si la discussion idéologique es utile, elle ne doit pas être première dans les ripostes de classes à opposer aux possédants. De même les programmes politiques concoctés par des tribuns sont le plus souvent inutiles et empêchent les gens du peuple de se saisir de leurs affaires pour dire ce qu'il faut faire. Le film "Les LIP" est édifiant à ce sujet, sauf qu'il ne pose jamais la question de la propriété de l'usine, c'est à dire des moyens de production. Mais il faut certes une situation extraordinaire et difficile pour que ces questions soient posées.

    Dans ces moments là, l'appel à la solidarité de la population, l'appel à l'autodéfense, à la libre expression des besoins, en vue de restaurer tout ce qui est nécessaire à la vie, fonctionnent bien: retour à la petite production nécessitant peu d'investissements, beaucoup de travail et du bénévolat; la récupération de tout ce qui peut servir et être transformé, la réparation de tout ce qui peut être encore utilisé; la réappropriation des savoirs anciens, l'organisation de banques collectives pour des petits prêts à un taux de 1%... Et là on retrouve nécessairement le respect de la nature et de l'environnement, et non pas de façon abstraite. On retrouve le sens de : PRODUIRE SEULEMENT CE QUI EST NECESSAIRE.

    Autrement dit, c'est la démocratie à la base, que la population retrouve dans ces moments, qui va permettre de redéfinir les contours de la vie, sans qu'on se soit nécessairement affrontés dans des débats idéologiques vains. Quand nous disons "démocratie à la base", nous ne disons pas "démocratie participative" ou autogestion, où le peuple est appelé à réaliser ce que d'autres ont conçu dans les sommets de l'Etat, ou à gérer ce qui ne leur appartient pas. Dans la démocratie à la base, le peuple décide et réalise, et nécessairement il posera la question de la propriété des moyens de production pour ne pas répéter l'erreur des LIP... C'est bien ce qu'ont fait les argentins.

    En février 1917, après l'exemple de 1905, les russes ont retrouvé cette forme de démocratie, qu'aucun parti n'a formulé. La haine contre cette forme de démocratie par les bochéviks a entraîné la confiscation des soviets à leur profit et leur transformation en des organes d'apparatchiks.. Cette confiscation s'est faite autoritairement, les soviets élus ont été renversés au profit des soviets du parti..

    La question qui se pose aujourd'hui, et qui est sans doutes la question essentielle, est "comment faire pour que la démocratie à la base soit posée devant la population, avant que les pires moments de détresse ne saisissent la population ?"

    C'est, à notre avis, la principale question qui mérite que l'on puisse s'organiser collectivement pour se faire entendre. Mais toutes les occasions sont bonnes pour faire valoir cette nécessité, dans le lieu de travail, le lieu d'habitation, le quartier....

    juillet 09

    (1)Un exemple de culture ouvrière détruite parmi tant d'autres :
    La fermeture de la mine de Takashima en 1987 au Japon.

     

    Salariat et prolétariat

    (sept 2010)

    Faut-il parler du salariat ou du prolétariat ? Ce dernier n'étant qu'une partie du salariat, la partie produisant directement de la plus value et constituant, pour Marx, le noyau fort capable d'entraîner le salariat, et d'autres couches de la population, vers la révolution sociale.

    La partie de la bourgeoisie la plus consciente de ses intérêts de classe, la bourgeoisie américaine, avait mis au point dès 1920-30 aux USA l'étude de la fabrication du contrôle de l'esprit public, et du formatage des consciences des classes populaires. Les organismes, instituts et autres, chargés de promouvoir les instruments nécessaires à la propagande, aux fausses informations, ou à la transformation adéquate de l'information, ont proliféré aussi bien dans le secteur public que dans le privé (voir Chomsky: Raison et Liberté. Agone 2010). Ils sont à l'origine l'industrie de la manipulation des consciences (télé, radios, journaux, écoles, universités, publicités) et de ce qu'on appelle aujourdhui le marketing, qui constitue la "science" des voleurs en tous genres.

    De ce point de vue, peut-on penser que ces manipulations ont réussi à faire disparaître les antagonismes de classes ? Peut-on considérer que la "classe ouvrière" a été vaincue ? NON. Mais à l'évidence, la recherche conjointe, par la bourgeoisie, de la paix sociale au moyen des miettes accordées au salariat dans les périodes de prospérité (guerres et reconstructions), et d'un fonctionnement apparemment correct de la démocratie (réduite au seul droit de vote pour savoir qui, de la peste ou du choléra, aura le pouvoir), a amoindri les combats de classe et les a dévoyés. Cette recherche a été complétée par la stratégie syndicale des appareils intégrés à l'Etat, au moyen des avantages et décharges accordés aux permanents ou semi permanets, délégués et autres. Ces appareils ont la tâche d'émietter au maximum les combats au travers d'une phraséologie pseudo révolutionnaire.

    Le résultat est que la classe ouvrière n'est ni debout, ni complètement couchée, elle est piégée et déboussolée. Cela ne veut pas dire que la guerre civile ne pourrait pas se produire, mais avec ses éléments les plus touchés par les coups portés, et les marginaux : jeunes, déclassés, chômeurs, dans une violence indescriptible, ces derniers voulant s'approprier les richesses capitalistes, sans état d'âme, alors qu'une partie notable du salariat est prête à renoncer à une partie de ce qui fait la société de consommation.

    Un des exemples les plus frappants de la contradiction que nous vivons, se retrouve dans ce qui vient de se passer à Continental à Toulouse: combat de classe dévoyé. C'est une réédition de ce qu'on a déjà vu à Continental d'une autre région il y a deux ans, comme s'il n'y avait aucune expérience, aucun acquis dans la conscience, ou comme si les salariés vivaient au jour le jour en se disant "gagnons 6 mois, un an..."

    Donc 83% des 2500 salariés répondent à l'appel du patronat de voter pour la renonciation d'acquis sociaux, avec comme contrepartie le maintien de l'emploi jusqu'en 2015, et ceci malgré la pression de la CFDT et CGT qui appellent à ne pas voter; FO appelle à voter. C'est cela qui est important : 83% votent.. Ils votent car ils ne croient plus aux balivernes des syndicats qui les isolent dans leur seule usine. Ils votent en sachant qu'ils passeront à la casserole dans moins de 5 ans. Sur ces 83%, 52 % votent oui, soit 43% du total. ça n'est pas la majorité, mais c'est beaucoup... Tandis que 57% des salariés sont contre ce qui est proposé, ce qui rend bien compte de la situation. Cet exemple est typique de l'état de la conscience, mais du désaroi, des oscillations du salariat, et ici de sa fraction censée être la plus combative: le prolétariat.

    Mais parlons chiffres: qu'est-ce que la classe ouvrière ? En principe la partie des salariés qui est directement exploitée, et qu'on retrouve dans les salariés de l'industrie: 3 254, 2 milliers en 2007 (manquent les chiffres les plus récents) dont il faudrait enlever les dirigeants, les cadres, les ingénieurs....; et dans les salariés du bâtiment: 1563 milliers;

    Une autre partie n'est pas directement exploitée au sens de Marx, il s'agit des salariés du commerce, des banques, des finances: même remarque que précédemment. Il ne faudrait retenir que ceux payés au SMIC ou juste au-dessus, plus ceux à temps partiel... (peut-être 3 000 milliers sur 6635,5 milliers dans cette catégorie).
    Peut-être 6000 milliers de salariés, noeud de la classe ouvrière, sur 20736 milliers de salariés occupés totaux où sont intégrés les fonctionnaires et contractuels de l'Etat en tous genres, tout ceci sans compter les chômeurs.
    Parmi les fonctionnaires (non exploités au sens de Marx) il y a quantité des petites gens qui crèvent la misère.

    Sur ces 6000 milliers de salariés prolétaires hypothétiques, 2500 vont manifester au plus fort des crises sociales.

    Parlons alors plutôt du salariat et non de la classe ouvrière, car celle-ci a fondu au cours du temps, au profit des prolétaires du Tiers monde et des pays de l'est et de la Chine.
    En France il devrait y avoir au moins 12 millions de personnes qui devraient se battre régulièrement pour défendre leurs droits. On en est très loin.
    Si en plus on y ajoutait les chômeurs officiels (plus de 3000 milliers), plus les sans emploi non répertoriés dont une quantité de jeunes... ça ferait encore du monde (On compte 5 millions de gens qui n'auront aucune retraite !).

    C'est donc la démerde individuelle qui est à l'ordre du jour.
    -Ce salariat est atomisé, en types de situation, en statuts, en droits, en acquis, en privilèges...
    -Il est étranglé par les crédits, les traites, les dettes. Le capitalisme a besoin du crédit pour faire acheter trois fois trop, et en même temps,c'est un moyen politique de soumission exceptionnel
    -Il est aliéné par les modes, des clichés, la télé, les grandes surfaces, même si une majorité est consciente de se faire piéger, mais que faire, se demande-t-elle ?
    -Il est en plus xénophobe, au-delà ce qu'on peut imaginer. Ceci est le produit des miettes accordés aux salariats occidentaux sur le dos des classes populaires du Tiers monde, toujours colonisé avec férocité. On est dans un équi libre instable sur ce sujet aujourd'hui, mais il suffirait d'une étincelle pour que les voisins se fassent peau entre eux, exactement comme en Yougoslavie. C'est inutile de le nier par des bavardages. La classe ouvrière sud africaine était et est raciste, comme celle d'israël, comme celle de la Chine contre les Ouïgours, comme celle des blancs contre les indiens en Amérique latine, comme la nôtre contre les arabes.... Cela fait partie de la perte du sentiment de classe, cultivée depuis des années par les capitalistes et leurs amis, les appareils.

    Ce qui progresse avec la perte journalière des acquis à petites doses depuis des années, c'est l'idéologie sécuritaire, la soumission à l'intolérance, l'individualisme, la perte de la solidarité...
    Voilà pourquoi sans doute, la gauche et son extrême (sous des formes différentes, car certains ont fait semblant de n'être pas d'accord sans rien proposer de fondamental) ont fait voter Chirac à 82% en 2002. Où était l'indépendance de la classe ouvrière ??

    Ce point de vue pessimiste peut être balayé par une aggravation soudaine de la situation. Mais notons que les expulsions massives de leurs maisons des populations à Claveland aux USA et dans d'autres régions, depuis 2005, et qui se sont poursuivies très fortement, entre autres en août 2010, malgré les promesses d'Obama, n'ont pas encore produit l'explosion qu'on aurait pu attendre. A quand ?

    23 sept 2010

     

    L'EXPULSION DU SALARIAT EUROPEEN DE LA PRODUCTION ?

    Est-ce à cela que nous assistons ?

    44 000 sociétés, surtout des PME, ont été rayées de la carte en un an en France (Le Monde du 22-11-2013). 300 000 emplois en moins ?? Plus de 1000 plans sociaux depusi un an, et 50 000 à 180 000 emplois à disparaître encore ??? (Le Monde du 6-11-13). Jamais on n'avait connu une situation semblable.

    Pourrait-il y avoir deux raisons à cela ?

    -La première: il est impossible de venir à bout des "acquis sociaux" d'après guerre sans la transformation de la grande majorité du salariat en armée industrielle de réserve, et en précaires munis de CDD.

    -La deuxième: il existe un immense réservoir de main-d'oeuvre sous-payée à nos portes. Dans toute l'Europe de l'Est, le moyen Orient, l'Afrique, le Maghreb....Et plus loin: l'Inde, la Chine, le Bangladesh... où les multinationales implantent leurs entreprises. Pourquoi payer un salaire 100 si on peut le payer 10, peu importe les frais de transport des marchandises qui seront issus du travail sous payé..

    Une fois la société de consommation de masse liquidée, on ne soumettra plus le salariat par l'appât les marchandises, mais par le fouet et la misère. C'est ce à quoi travaillent les multinationales. C'est ce que vise le traité de libre échange entre l'Europe et les USA.

    (27-12-2013)