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    Yémen

    Un nouveau pays qui serait à la solde d'Al Qaïda, c'est longtemps ce que les USA ont indiqué ! Vrai et faux !...

    Le Yémen est un pays très intéressant car il fut divisé en deux Etats, dont l'un fut communiste. La réunification a eu lieu de façon bureaucratique en 1990. Il serait bon de revenir sur cette histoire.

    Le grand coupable des débuts de la guerre civile serait "les tribus"

    Lorsque dans un pays, où il y a en principe un Etat, il se trouve que les populations retournent à des tribus, c'est que l'Etat ne remplit aucune fonction de protection politique et sociale.

    Nous écrivons par ailleurs (dans "La question pachtoune"):

    "La tribu est une famille élargie sur un territoire donné, où la terre est gérée collectivement par le Conseil et le chef, lesquels ont pour tâche de la répartir, de décider de la nature des récoltes, de leur préservation, de leur distribution à la population. La solidarité entre les membres de la tribu est un principe fondamental. Personne ne meurt de faim, mais chacun doit obéissance au conseil en contrepartie. La tribu n'est pas égalitaire mais elle est solidaire ; en son sein il y a des riches et des pauvres, mais pas des misérables (distinction à faire entre misère et pauvreté). Le chef défend sa tribu, c'est un chef de guerre.
    Les questions de la terre, de l'eau, des ères d'élevage et de culture, des transports, de commerce, sont réglées par la tribu.
    Lorsque les français interdiront les tribus en Algérie vers 1880, ils réduiront la paysannerie algérienne à la misère. Ni les colonisateurs, ni les soviétiques plus tard, ne s'intéresseront à cette question. Pour eux, et selon une conception colonialiste et raciste, les tribus doivent représenter l'archaïsme, l'inculture, voire la barbarie. En réalité, une tribu démocratisée peut devenir un espace de démocratie directe extrêmement intéressant, où ses membres pourraient avoir accès au contrôle et à la gestion de leurs affaires. Mais le discrédit jeté par l'Occident va payer, l'inculture étant d'abord du côté des colonisateurs.

    Les soviétiques qui ne comprennent pas plus que les européens de l'ouest la question des tribus, va prendre le chef de la tribu pour un propriétaire foncier, et les membres de la tribu, essentiellement des paysans, pour des serfs. Ils vont proposer aux paysans la terre. Mais ceux-ci gèrent collectivement la terre dans le cadre de la tribu, et sont historiquement et socialement solidaires de la hiérarchie tribale. Si la démocratie à la base avait effleuré les communistes, ils auraient impulsé un mouvement démocratique dans les tribus, auraient crée des écoles, des dispensaires, des tribunaux… en partie gérés par les tribus ; mais ils n'auraient rien touché à la gestion de la terre. Tâche difficile pour qui n'aime pas le peuple. "

    S'il n'y a pas de sentiment d'appartenance à une nation, c'est que l'Etat ne représente pas les diverses communautés et ne leur apporte rien. La preuve, les populations du Sud veulent la sécession, ce qui signifie que la réunification de 1990 ne leur a apporté que de la malfaisance.

    Les journalistes nous ont raconté longtemps que le Yémen était devenu le fief d'AlQaïda, C'est vrai qu'AlQïda s'y est réfugié. Mais il y a des Houthistes, des chiites, qui tiennent l'Ouest et le nord du Yémen sur lesquels il faut s'interroger. Lorsqu'il y a terrorisme et guérilla, il faut se poser des questions sur l'origine des problèmes

    Au nord ouest, il y a une population ayant une religion particulière: le Zaydite, ou Houthisme par référence à un chef, dont on dit qu'il s'agit d'une variante du chiisme, il ne s'agit pas à l'origine d'AlQaïda qui est apparenté au sunnisme, alors que les chiites ne peuvent supporter AlQaïda....

    En réalité un journaliste du Monde nous éclaire un peu, mais sans avoir approfondi la question comme il aurait dû le faire (Gilles Paris dans Le monde du 22-1-10):

    Le Yémen a très peu d'eau. Traditionnellement les tribus l'ont gérée avec parcimonie. La pénurie d'eau est un péril. Mais il y a 50 ans, les puits creusés à 10m donnaient de l'eau.

    Dans les années 70, des fous de l'industrie agricole (communistes et capitalistes) ont détruit la gestion communautaire de la terre, de l'agriculture, et méprisé la gestion des eaux de pluie recueillies dans les terrasses par des petits barages, et ont introduit "la révolution agricole" en pompant carrément dans la nappe phréatique. Ils ont cultivé la banane et la pastèque, gourmandes en eau pour en faire des produits d'exportation. L'irrigation artificielle a ruiné le pays à terme. En outre la culture du Qat a décuplé avec cette irrigation, ce qui était parfaitement inutile. La région de Sanaa est en pleine déconfiture.

    L'épuisement des ressources a entraîné autour de la question de l'eau des conflits lourds entre tribus, l'Etat étant incapable d'agir sur ce problème. La faillite de l'Etat, c'est le morcellement du pays dans une situation où l'abominable "développement" occidental n'a apporté finalement que la misère face à l'enrichissement de quelques mafieux de la technique agricole.

    Janvier 2010

    Après le printemps yéménite:

    Au nord, le régime de Saleh (sunnite) a mené une guerre à huit clos contre les insurgés du nord autour de la ville de Saada, avec leur chef Al-Houthi. Cette ville, qui relevait du patrimoine de l'humanité, a été très endommagée. Des milliers de gens sont morts ou ont fui. L'arabie Séoudite, d'obédience sunnite, exigeait de Saleh la guerre contre ces paysans chiites des hauts plateaux. Saleh a été mis dehors par le printemps yéménite (mais il est revenu ensuite par la grâce de la communauté internationale...).

    Aujourd'hui que Abd Rabbo a été élu président, ce dernier a repris la guerre contre les chiites zaydites, et l'Arabie Séoudite a envoyé des combattants salafistes sunnites dans le nord du Yémen.

    Les chiites du nord se sont raidis et se réclament du Hamas, de Nasrallah du Hezbollah. Leurs ennemis: Israël, les USA, les juifs (on le dit), les salafistes. Ils réfutent leurs liens avec l'Iran. Ils se disent solidaires des palestiniens.

    Un très mauvais article tendancieux de Trégan dans le Monde du 27 et 28 mai 2012, sur deux pages, ne donne aucun enjeu économique ou politique, reprend tous les clichés connus, accrédite la thèse de Al Qaïda et de l'intégrisme des chiites (ce qu'on n'a pas les moyens de juger), ne tient pas compte du printemps yéménite et de ses revendications. Cet article est visiblement écrit pour justifier l'envoi de drônes dans le Yémen du nord par les USA, sur ordre d'Obama lui-même (le Monde du 11-6-12), ce qui entraîne l'indignation des organisations humanitaires aux USA même. On ne peut comprendre à travers cet article ce qui se passe dans ce pays et pourquoi...

    En décembre 2014, les Houthistes ont conquis la capitale Sanna, le siège du gouvernement, la banque centrale, ils veulent la satisafaction de leurs revendications. Ils veulent aussi en finir avec la corruption. Mais aidés par l'Iran, traqués par l'Arabie Séoudite et les USA, pourront-ils démocratiquement appliquer le programme qui est le leur ?

    le 23-1-2015

     

    La France arme l'Arabie Saoudite contre le Yémen

    (21-9-15 repris en nov 2016)


    JY Le Drian, ministre de l'économie, dit dans un interview au Monde (du 19-9-15) que " L'Arabie Saoudite est un grand partenaire de la France ", et qu'à ce titre elle va lui fournir des bombes GBU (bombes anti bunker produites en 91 pour la guerre du Golfe) pour frapper le Yémen. Il se félicite également que l'Arabie puisse peut-être racheter les Mistral, non livrés à la Russie. Rappelons que c'est en Arabie que le Président Hollande négociait avec l'Egypte la vente des Rafale.


    Qu'est-ce qui est donc important pour le gouvernement qui représente la France ? Vendre des armes pour maintenir l'économie à flot. C'est même capital. A défaut de faire aujourd'hui de bonnes affaires avec le pétrole, il faut soigner les marchés d'armement.
    Voilà à quoi se résume la politique française et occidentale au Moyen Orient. Vendre des armes, donc semer la mort et la destruction. Mais semer en même temps la confusion politique et intellectuelle en érigeant en principe que le chaos du Moyen Orient est le résultat d'une guerre de religions, et de terroristes fanatisés….. qui ont besoin d'armes ?


    Est-ce un paradoxe ? N'y a-t-il pas là une contradiction dans les termes ? Les occidentaux, disons-le nettement, ont passé leur temps à dévoyer les droits de l'homme, la démocratie, l'Etat de droit… jusqu'à rendre inaudibles ces notions aux yeux des peuples du monde.
    A partir du moment où vendre des armes est essentiel, il va de soi qu'il vaut mieux les vendre au diable qui payera comptant.


    L'idéologie salafiste intégriste que l'Arabie a patiemment répandue, avec l'argent du pétrole, sous les yeux des occidentaux, pendant de très nombreuses années, au Moyen Orient et en Europe, est une idéologie de type fasciste qui vise à soumettre les esprits par la terreur : tortures dans les prisons, lapidation et coups de fouets à mort en public, interdictions en tous genres. Les premières victimes sont les femmes, les jeunes, les intellectuels, les artistes, dans le même temps où cette idéologie vise à corrompre les hommes dans un machisme grossier, cruel et dépravé. L'Arabie Saoudite est un pays fascisant, qui a gardé à bien des égards les traits d'une féodalité tyrannique de droit divin.
    La face acceptable de ce pays ? La propriété et la protection des " lieux saints " à la Mecque. A ce niveau, les musulmans et leurs représentants sont mille fois coupables de fermer les yeux sur cette façade. Israël nous fait le même coup avec Jérusalem. Des régimes despotiques, théocratiques, antidémocratiques se font les gardiens des lieux dits saints.
    Tout cela n'est pas le fait du hasard. Le despotisme a besoin de se parer de la religion aux yeux des peuples et des grands de ce monde pour paraître acceptable.


    Où et quand les gouvernements occidentaux et les grands médias ont tenté de faire obstacle à cette idéologie et à cette réalité qui défient quotidiennement les droits de l'homme ? Trop heureux d'esquiver le problème, et de se répandre en mensonges sur l'intégrisme par nature de l'Islam, disent-ils, ils se sont lancés dans la guerre des mots, des traductions, des interprétations du Coran, en suscitant un concept vidé de toute substance claire " le terrorisme ". Pour cacher l'essentiel et se voiler la face sur l'Arabie.


    En effet, il était nécessaire que l'Arabie Saoudite demeure le grand allié des USA. En février 1945, le roi Ibn Séoud conclut avec les États-Unis le Pacte du Quincy, alliance stratégique qui en échange d'un accès au pétrole, pour les grandes sociétés américaines, leur propose de protéger militairement la dynastie des Saoud. Ce qui a toujours lieu aujourd'hui.
    Dans ce cadre, l'Arabie a offert sa base militaire " Al Sultan " en 1991 pour les avions américains qui devaient commencer à détruire l'Irak. Si cette base a été partiellement transférée au Qatar en 2001, les USA ont reçu l'autorisation d'avoir une base secrète de drones en 2013 en Arabie (Courrier international de février 2013). Malgré des relations dites dégradées ces dernières années entre les USA et l'Arabie, la collaboration n'a jamais cessé. L'Europe a accepté cette situation et a couvert la montée de ce qui a été appelé " l'islamisme ", venu tout droit de l'Arabie, la France se mettant hardiment en avant dans un partenariat avec cette dernière.


    La perversité de cet état de choses revêt plusieurs aspects. D'une part l'amitié des " démocraties " avec un régime fascisant. D'autre part la récupération salafiste d'une partie de la jeunesse anti-américaine dans un djihadisme perverti au profit de Daech, ce dernier étant un avatar de l'Arabie Saoudite. Enfin l'idéologie khomeyniste, paré de la révolution sociale confisquée, autre sorte de djihadisme anti-américain, antisioniste, pro-palestinien incarné par l'Iran et le Hezbollah. Comprenne qui pourra dans cet imbroglio. La seule chose évidente est que toutes ces forces ont milité et militent pour les pouvoirs en place, contre les révolutions arabes, et veulent contraindre par la force et la guerre des populations désemparées. Au nom évidemment de la menace du " terrorisme ", dont les tenants et aboutissants intellectuels obscurs flirtent avec notre complaisance de nantis.


    Dans cet imbroglio, ce qui n'était que de l'ordre des divergences théologiques, est devenu en 1979, une opposition d'ordre social entre les chiites, porteurs de la révolution khomeyniste et de l'espoir des pauvres (par ex les Houttistes au Yémen), et les autres, les sunnites, en particulier l'Arabie, terre des sunnites… Cette opposition a pris une forme violente au moment de l'effondrement de l'URSS et du marxisme, lesquels n'ouvraient plus aucune perspective. Puis elle est devenue extrême après la destruction de l'Irak en 2003, et le déchaînement du despote de la Syrie contre sa population. C'est une opposition, à l'évidence, sociale et politique en premier lieu, et qui concerne essentiellement des raisons d'Etat. Par ricochet, l'instrumentalisation de ces divergences par les pouvoirs en place, a rejailli sur les populations, qui se sont vu chassées de leurs maisons, dépossédées de leurs terres..


    Aujourd'hui la question est de savoir qui va garder son territoire et son pouvoir, c'est-à-dire la main mise sur les populations.
    Les puissances occidentales ont fait le choix de soutenir l'Arabie, en l'armant à outrance pour détruire le Yémen. Le soutien ne va pas franchement du côté des démocrates de la Syrie, ou du côté des kurdes, que la Turquie se charge de tenter d'abattre. On aurait pourtant espéré que ce soutien soit important. Le choix ne se porte pas non plus réellement vers le soutien des sunnites irakiens opposés à Daech… De façon apparemment surprenante, il se porte contre les opposants des corrompus du Yémen, opposants houttistes, d'obédience chiite, qui réclamaient leurs parts des richesses, en hôpitaux, écoles, routes, électricité, et ont clamé leur haine contre le salafisme et Al Qaïda. Dès 2015, les houthistes, pour ne pas être rayés de la carte ont choisi le camp de l'Iran et laissent Al Qaïda prospérer au Yémen.
    Mais pour qui travaillent donc les gouvernements occidentaux ? Pour Daech ??

    En 2016, 7 à 10 millions de personnes sur 24, luttent pour survivre au Yemen.

    La Banque centrale d'Aden, au bord de la faillite a tenté jusqu'à ces derniers temps (fin novembre 16) de payer les fonctionnaires et de garantir l'importation des biens de première nécessité, mais elle s'est vue interdire de créer de la monnaie. Le gouvernement saoudien fait au Yémen (avec l'aide de la france et des USA), ce que le gouvernement syrien fait en Syrie avec l'aide de la Russie.


    Nous fera-t-on croire que les pays occidentaux veulent accueillir les migrants ? Faux semblants. Ils les refuseront massivement comme réfugiés, les parqueront dans des centaines de camps pour mourir de faim et de maladie aux frontières puisque les grands de ce monde donnent de moins en moins aux Nations Unies, ou ils les renverront dans les régions dévastées, ou encore vers la mer…
    AMC