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    Soviets. Conseils ouvriers. Conseils de citoyens. Assemblées populaires..

    A propos de la démocratie à la base dans les révolutions arabes, voir article en fin de rubrique (février 2012)

     

    Historiquement les soviets se sont constitués d'abord en Russie, en 1905, puis en février 1917, par nécessité, pour pouvoir produire dans des périodes de crise sociale totale, pour pouvoir réorganiser la société à la base, distribuer, se protéger, recréer des activités, des services, des emplois, empêcher les pillards d'agir.. etc

    Ces soviets ont été appropriés par les bolchéviks qui les ont vidés de leur contenu. La société dite soviétique n'avait plus de soviets démocratiques dans les villes dès 1918, et plus dans les campagnes dès 1927.

    Aujourd'hui oui aux soviets, mais pas bolchévisés. Les soviets n'ont pas besoin d'idéologie.Leur but:est de répondre aux besoins du peuple, et d'une population aux abois.

    Toute structure démocratique de base peut mener à un soviet: une assemblée de quartier, ou de salariés. Mais la bête noire des soviets est constitué par les partis et les syndicats.

    Il convient de refuser que les partis y soient en tant que tels à l'intérieur. D'ailleurs le parti est en contradiction avec le principe du soviet, et de la démocratie directe la plus totale dans le soviet.

    En Argentine en 2001, les citoyens disaient dans les Assemblées populaires, néees spontanément, "dehors les partis et les syndicats en tant que tels, seulement des citoyens".

     

    Le soviet mène-t-il à l'extinction de l'Etat ? Il faut mener la discussion. Mais pas forcément, puisqu'il nécessite une fédération des soviets pour décider des problèmes qui concernent tout le monde (transports, éclairage, éducation, santé...). Tout cela est à discuter.

    Pour que le soviet demeure démocratique, les délégués doivent être strictement mandatés et contrôlés.

    Novembre 2010

     

    A propos du mouvement contre la "réforme" des retraites de 2010:

    La voie vers l'autonomie du salariat et du peuple : Des Conseils/Soviets/Assemblées libres.
    " Traverser les ponts " et trouver le pouvoir !

    Préambule : Les conseils/soviets/Assemblées.

    Lors d'une discussion fructueuse sur internet, lors du très fort mouvement contre la " réforme " de la retraite en septembre /octobre 2010, se sont dégagées des questions auxquelles il faut tenter de répondre.
    Une des propositions était d'examiner la montée de la contestation ces vingt dernières années, d'en tracer les grandes lignes, comme repères préalables avec le questionnement sous jacent: " comment construire l'autonomie du salariat et du peuple, comment constituer des comités de base, des assemblées populaires…. " et " Ne faut-il pas un parti pour ce faire ?"

    Il faut faire cette analyse, elle est utile. Mais dores et déjà, disons qu'il ne revient à aucun parti de constituer comités et assemblées ; tout au plus un parti peut en populariser l'idée, mais il ne peut se substituer au mouvement des masses, ni les créer ; nous pouvons bien sûr, sur des questions précises, constituer des comités ; mais le grand mouvement, que nous espérons, vers des assemblées du type conseils (soviets), se fera spontanément, et d'une façon imprévisible, ou ne se fera pas.
    Historiquement, ce ne sont jamais les partis (révolutionnaires ou non) qui ont créé le mouvement des soviets. Les partis n'y ont, en plus, jamais eu intérêt. Le mouvement des soviets de 1905, de février 1917, les conseils allemands en 1919, le conseil ouvrier de Budapest de 1956, les assemblées populaires en Argentine de 2001, se sont crées sous l'effet de graves évènements comme mouvements spontanés des masses, où certes des militants particuliers y ont joué leur rôle, mais en dehors de toute prévision des partis. Donc cessons de vouloir a priori contrôler le mouvement des masses, cessons de penser qu'il faut créer des partis " révolutionnaires " pour faire des conseils, conseils dont on peut subodorer que des partis les voudraient ad hoc ; or ils ne seront pas ad hoc ; ils seront comme les masses en décideront.
    Par contre, il est utile, il est vrai, qu'il y ait des organisations politiques qui expliquent, qui politisent, qui donnent un sens à ce qui se fait, qui suggèrent, qui organisent le cas échéant des mouvements, et qui désignent le pouvoir là où il est….
    En outre, la terrible destruction des soviets démocratiques en Russie, pour en faire des institutions d'Etat, en 1917, sous le contrôle d'un parti, contre la volonté des ouvriers, des paysans et du peuple, est présente dans tous les esprits, soit de façon totalement consciente, soit de façon intuitive. Plus personne ne veut cela.
    Les conseils/soviets/assemblées doivent être libres !

    C'est au sujet de ce préambule que le désaccord est profond. Il faut le mettre sur la table et en discuter franchement.

    Mais où donc se trouve le pouvoir ?

    Dans le mouvement social de sept-octobre 2010 contre la dite " réforme " des retraites de Sarkozy, d'une immense ampleur, il est extraordinaire de constater que les dirigeants syndicaux " ne savaient pas " où se trouvait le pouvoir !! Le Palais Bourbon, le Palais de l'Elysée, ils ne connaissaient pas !! Et ils insistent dans leur ignorance ignoble ! Les 7ème et 8ème arrondissements de Paris leur sont inconnus, comme la rive droite !!! C'est pour cela, qu'au plus fort des manifestations, ils ont fait tourner en rond, et user leurs semelles de chaussures pendant des heures, les 200 à 300 000 parisiens, rive gauche, parce qu'ils ignoraient en outre comment leur faire traverser les ponts et bousculer un peu la police… Le pouvoir, ils ne savent pas où il est …Sans blagues !
    Ils avaient tout simplement passé contrat avec la police de Sarkozy pour piétiner rive gauche et protéger le pouvoir.

    Bruxelles et les retraites ou ce que les dirigeants politiques et syndicaux n'ont pas dit :

    Dans le Rapport conjoint de la Commission et du Conseil européen, du 6 mars 2003, sur des pensions viables et adéquates (encore en ligne sur le site de l'Union européenne), on trouve notamment ce passage clé :
    "Prolonger la vie active - À l'heure actuelle, la plupart des Européens prennent leur
    retraite avant d'avoir atteint l'âge légal de départ. S'il était possible de relever d'un
    an l'âge effectif du départ à la retraite sans augmenter les droits à pension,
    l'accroissement prévu des dépenses de pension baisserait de 0,6 à 1 point de
    pourcentage du PIB en 2050. Ainsi, un relèvement d'un an de l'âge effectif de la
    retraite permettrait d'absorber environ 20 % de l'augmentation moyenne prévue des
    dépenses de pension en 2050. Les États membres se sont engagés à retarder les
    départs en préretraite et réforment actuellement les régimes de préretraite et les
    politiques en matière de marché du travail et favorisent le vieillissement actif (23).
    Dans de nombreux cas, cependant, le rythme des réformes est trop lent pour atteindre
    les objectifs de Stockholm et de Barcelone en ce qui concerne le taux d'emploi des
    travailleurs âgés (50 % en 2010 contre 38,5 % aujourd'hui) et pour permettre de
    relever de cinq ans l'âge effectif de départ à la retraite d'ici à 2010."

    En 2002, au Conseil européen de Barcelone, où se trouvaient Jospin et Chirac, ce projet était connu. Autrement dit, le projet Sarkozy n'est qu'une application des décisions du Conseil européen, qui veut, à n'en pas douter, réaliser " l'Europe sociale " par le bas, et casser entres autres la résistance proverbiale et historique des salariés français. Le PS est parfaitement au courant et consentant, et s'est perdu en gesticulations grotesques. Les autres, gauchistes et verts en tous genres, se sont tus aussi bien sur l'origine des objectifs européens de la " réforme " que sur la façon de " faire traverser les ponts " en force à Paris par le peuple en colère.
    La question est de savoir quand le peuple salarié de France trouvera lui-même de façon déterminée le moyen de traverser les ponts de Paris vers la rive droite !! Mais il trouvera, n'en doutons pas !

    Pourquoi il en est ainsi ?

    Intégration à l'Etat des organisations syndicales et politiques de gauche et d'extrême gauche .

    Loin d'être un pont ou une avancée vers une société plus juste, les gouvernements de la gauche, entre 1981 et 1994 ont contribué à anéantir, provisoirement, toute possibilité pour le salariat de se saisir lui-même de son avenir et d'unifier ses combats. Ces gouvernements ont joué le rôle d'éteignoir
    Des deux septennats de Mitterand commencés en 1981, que reste-t-il du " changer la vie " ? Selon la presse de gauche elle-même, il ne reste qu'un " social-immobilisme ", " un libéralisme tempéré… ".
    Pendant cette période, le ministre Mauroy a insisté sur le rôle primordial des syndicats dans les entreprises pour permettre, disait-il, le dialogue social ; en réalité pensons nous, pour faire passer en douceur tous les éléments de la politique libérale des différents gouvernements, et pour émietter le mouvement des salariés au seul niveau de l'entreprise en le dessaisissant de toute riposte nationale efficace.

    Quels sont cependant les grands signes de la montée contradictoire et chaotique de la contestation, qui tente de trouver son chemin en dehors de la camisole de force des syndicats et de leurs directions, et des partis dits de gauche ?

    -1992 : référendum sur Maastricht. Abstentions 30,31% des inscrits. Oui au traité de Maastricht : 49,31% des suffrages exprimés (grâce au PS), non 47,29%.
    Sentiment confus dans le peuple de se faire piéger par une Europe du " grand capital " et non des peuples. A 2% et quelques près, Maastricht aurait pu être refusé. Or Maastricht, puis l'euro, c'était l'annonce des politiques de rigueur, l'alignement par le bas de tous les acquis sociaux, l'utilisation des peuples les uns contre les autres.

    -Grandes grèves 1995
    Trois semaines de grèves contre le plan Juppé qui voulait défaire pour partie la sécurité sociale ; grèves certes encadrées par les syndicats et leurs directions, lesquels n'orienteront pas les manifestations vers les lieux du pouvoir (parlement, Elysée), et qui donc feront capoter la grève. Relatif recul de Juppé mais institution de la CSG applaudi par la gauche. Dans l'extrême gauche, personne n'appelle à aller vers ces lieux de pouvoir. On reste sur le seul mot d'ordre de la grève, laquelle est entièrement supportée par le salariat.

    -1997 :victoire de la dite " gauche plurielle ". Chirac voulant renforcer son camp provoque un relatif ras de marée à gauche, conséquences des grèves de 95 : 319 députés de gauche sur 577. Jospin 1° Ministre avec Chirac comme président. Le salariat n'ayant pu obtenir satisfaction avec la grève se saisit du scrutin proposé. Jospin ne revient pas sur le plan Juppé. La colère monte.

    -Echec de la gauche en 2002 aux Présidentielles: la sanction contre la gauche par les urnes est une forme de lutte.
    Le salariat exprime son désaccord avec la politique de la gauche et manifeste son désarroi par un vote à droite.
    La direction du PS manipule les masses en faisant croire au danger lepéniste et appelle à voter Chirac au second tour… ! Elle appelle en fait le salariat à sortir d'une conscience en termes de classes.

    -Le 14 février 2003 : Le discours de Dominique de Villepin à l'ONU, qu'on aurait attendu d'un ministre socialiste dit, sous la pression des masses : non à la guerre en Irak. Bush fera payer à la France le prix de cette " trahison " : 4Mds de dollars pour financer la guerre. Acceptation du gouvernement français. La séparation entre droite et gauche s'estompe. La lutte des classes ne passe plus par le choix entre droite et gauche

    -2005 : non à la proposition de constitution européenne. (Réédition d'un appel à voter Maastricht) : Abst 30,31% des inscrits, Oui 44,18% des suffrages exprimés, Non 53,30 % .
    Le peuple et le salariat disent non à l'Europe capitaliste. Malgré une coloration nationaliste de certains votes, c'est un sursaut salutaire. Le PS s'était divisé sur cette question. Plus aucun parti n'offre une quelconque perspective autre que parlementaire. Le salariat ne croit plus en la gauche mais veut résister confusément au capitalisme. Des voix à droite et à gauche osent exprimer le fait que le peuple se serait mal prononcé

    -Automne 2005 : émeutes dans les banlieues. La gauche (PS et PC) vote le couvre feu proposé par Villepin.
    S'agit-il d'un mouvement des voyous qu'il faut nettoyer au karcher (dixit Sarkozy) ? Ou s'agit-il de la révolte de la partie la plus exploitée, méprisée du salariat et du lumpen prolétariat qui n'a plus droit à l'intégration dans le corps social ? Le peuple lui-même est partagé, déboussolé par le silence complice des partis de gauche.

    -Mai 2007 : élections présidentielles. Sarkozy élu avec 53% des voix.
    Difficultés apparentes d'analyse si on ne tient pas compte de tout ce qui précède. La montée de la combativité est confisquée, le salariat est dépossédé de ses victoires partielles, empêtré dans le cheval de bataille proposé par Sarkozy sur la " sécurité ", et par la chasse au " terrorisme " dont la construction vient des USA. Le salariat n'a plus de référence politique. Le PC a fondu après la chute de l'URSS, le PS est ouvertement un parti bourgeois. Le peuple continue à sanctionner la gauche, gagné par une certaine forme de xénophobie .. Le peuple semble intérioriser passagèrement une incapacité à imposer une société juste. Il peut éventuellement se préparer à chercher des boucs émissaires : ceux proposés par Sarkozy, les directions syndicales s'étant appliquées à émietter les combats surtout depuis 1995.

    -Le 8-2 2008, véritable coup d'Etat contre la victoire du peuple de 2005 ! Toutes les forces politiques principales lui volent la victoire ! Le PS ratifie le traité de Lisbonne au parlement ce que le peuple a refusé en 2005. C'est une façon de détruire totalement les avancées du mouvement populaire de 2005 et de dire au peuple " vous êtes des c… ". Le PS donne là le coup de grâce à sa crédibilité mais également il se prépare à combattre les votes populaires.

    -Juin 2009 : Seulement 40,65 % des inscrits vont voter en France aux Européennes ; Pratiquement idem en Europe. Les socialistes s'effondrent devant la droite et les verts.

    -Grèves et manifestations de Sept-Oct 2010 contre la contre-réforme des retraites.
    Sarkozy n'est plus crédité que de 30% de votes positifs. Le PS laisse apparaître que son meilleur candidat pourrait être DSK, le patron du FMI, ce qui constitue plus qu'une provocation mais une gifle pour le salariat. Massivement dans la rue et dans les grèves, les salariés disent non à sa politique, à toute sa politique. Le salariat a retrouvé sa combativité, mais il ne sait pas comment imposer ce qu'il veut, ne connaît pas la voie de son autonomie. Patiemment et méthodiquement, les organisations syndicales par l'intermédiaire de leurs directions, s'appliquent à encadrer le mouvement pour le défaire, pour le saccager. Leur rôle : protéger le parlement et l'Elysée ; permettre aux CRS d'écraser les jeunes (voir par ex à Lyon, la manifestation intersyndicale abandonne explicitement des centaines de jeunes place Bellecour aux CRS… et va manifester ailleurs ! Les syndicats et la gauche permettent, à une justice aux ordres, la curée contre la jeunesse ; aucune manifestation devant les tribunaux ). Refus de mots d'ordre centralisateurs. Proposition d'une 7ème manif après le vote au parlement, mais pas avant, et pas au parlement. Le PCF propose, le lendemain du vote, de faire converger les seuls élus à l'Elysée pour demander de ne pas publier la loi !!!

    Au total, le salariat qui n'a jamais renoncé à ses exigences de classe, mais qui en a perdu l'affirmation autonome, s'est soumis au parlementarisme et aux clichés xénophobes. Mais en même temps, ce salariat est totalement imprévisible dans ses sursauts de colère et sa capacité à se mobiliser. Il est déroutant par principe, ce qui interdit qu'il puisse être totalement contrôlé, car il se joue malgré tout du parlementarisme en maltraitant la qualification des partis traditionnels, et les votes qu'un salariat " bien élevé " devrait faire. Puisse-t-il devenir de plus en plus mal élevé et se jouer de la bienséance formatée !
    C'est là qu'il faut indiquer de quoi ce salariat est victime. D'abord d'un capitalisme plus cynique que jamais car régi par de véritables voyous dans les multinationales, les organisations financières et les Etats. Ce capitalisme veut le réduire à la portion congrue et le mettre sur la paille, sauf qu'il lui demande en même temps d'acheter toujours plus. Là il y a une contradiction insurmontable.
    Mais si ce capitalisme ne cache plus son âpreté au gain et son désir d'en découdre, c'est qu'il bénéficie d'un soutien fondamental : les directions syndicales, le contenu même des syndicats, et les partis dits de gauche et également d'extrême gauche, jouent le rôle des " appareils idéologiques d'Etat ", expression inventée par Althusser, lequel avait eu là l'intuition de sa vie.
    Ces appareils doivent jouer leurs partitions de désaccords obligés, d'unité partielle, de désunion, d'avancées et de reculs, car pour contrôler le salariat, il faut en épouser sa diversité. Ce sont tous ces appareils qui nous font user nos semelles à tourner en rond dans des manifestations sans objectifs centralisés, sans issue, car tous unanimement sont d'accord pour ne pas aller là où se trouvent les députés et le gouvernement. Quelle organisation dit aujourd'hui " Il faut aller au parlement et à l'Elysée " ? Quelles organisations s'adressent au salariat en lui disant " Constituez vos comités de base et fédérez vos initiatives pour frapper au cœur le système " en faisant des suggestions le contrôle des grandes surfaces, des services des eaux, EDF, GDF, de l'industrie toute entières, l'expropriation des banques, les mises en garde aux tribunaux, la destruction de l'agriculture industrielle … " ?? Personne, mais certains crient " Grève générale, grève… " ! Le salariat en crève de la grève pour la grève, sans l'utiliser pour aller là où est le pouvoir !
    Ces appareils agréés par l'Etat (même si le grand jeu nécessite qu'ils soient vilipendés) sont les piliers du système. Sans eux, tout s'effondre. C'est grâce à eux que le salariat a parfois la tête à l'envers, et qu'il perd sa confiance en lui pour imposer ce qu'il veut. Mais ce dernier mouvement de 2010 a frappé les esprits, suscité de multiples questions, suggéré des issues possibles, a redonné confiance….
    Oui nous avons besoin d'organisations indépendantes et démocratiques, pour dire, expliciter là où il faut frapper et comment les salariés peuvent s'organiser de façon autonome. Mais c'est tout.

    Mais nous n'avons pas besoin d'organisations pour enserrer les salariés dans un nième programme de plus vers la seule perspective de la démocratie parlementaire, et nécessairement contre des Conseils/Assemblées démocratiques. Certains nous disent que leurs programmes visent la révolution sociale ! Qu'ils nous disent ce qu'est, selon eux, la révolution sociale, ce qu'ils rêvent d'en faire, et quels déguisements ils sont prêts à emprunter pour nous rejouer les pleins pouvoirs des commissaires du peuple !!

    Les masses décideront, dans des organisations autonomes, à leur allure, avec leurs erreurs, comment elles veulent vivre. C'est l'absence de confiance en elles qui jette certains d'entre nous dans les bras de ceux qui veulent imposer un programme, en vue de perspectives souvent non dites.

    Assemblées démocratiques, autonomie du salariat, en avant pour " traverser les ponts !

    Début novembre 2010 AMC

     

    Les mouvements populaires qui s'organisent à la base sont toujours historiquement pervertis par la " démocratie représentative ".

    Cette constante n'est pas analysée sérieusement car tous les partis politiques, sans exception quasiment, mettent toutes leurs forces dans le combat à l'intérieur de la " démocratie représentative ", même quand ils tentent de se démarquer de cette dernière. Pourquoi ? Parce que tous manifestent soit un mépris déclaré contre les initiatives populaires, soit une méfiance extrême, sous couvert de l'observation de l'absence de politisation des masses populaires, et de leur absence de formulation de perspectives politiques qui porteraient un nom…..
    La brutale qualification de " populistes " de ceux qui préconisent des mouvements à la base est un contresens, dans la mesure où les vrais populistes sont ceux qui utilisent la voix populaire pour leur profit, et non dans une perspective d'organisation ou de soutien aux organes qui jaillissent du peuple pour se défendre, se soutenir, faire échec à l'oppression et produire.
    Egalement sous couvert de rejeter " l'autogestion " qui peut être la gestion à la base de projets non contrôlés par la base, ou définis par les autorités, bien des militants, se réclamant du marxisme, rejettent ce que Marx a pourtant appelé de ses vœux, hélas une seule fois, au sein de l'AIT, " le pouvoir des travailleurs associés ".
    Les révolutions arabes nous montrent un bel exemple de ce que les masses populaires ont réalisé, sans l'aide d'aucun, pour faire chuter les despotes : l'organisation à la base dans les quartiers, pour se défendre, se nourrir, être solidaires les uns des autres, secourir les blessés, faire passer l'information, se relayer dans les tâches courantes et nécessaire, trouver des caches, protéger les gens menacés, établir leur propres moyens de protection, de contrôle, de nettoyage etc….
    Et évidemment, ce même mouvement unitaire et fort, ne se retrouve pas dans les partis, lorsqu'il s'agit de passer à des élections pour des parlements d'inspiration occidentale. Il y cherche " ses petits " et se résoud bien souvent la mort dans l'âme ou par illusion, à voter pour les moins pires, les moins occidentaux, les plus honnêtes à ses yeux… et les résultats nous étonnent , nous occidentaux, et semblent confirmer ce que les plus xénophobes ont toujours dit sur " l'inaptitude des masses arabes, ou des musulmans, à la démocratie " ! Mais que diantre, quelle démocratie ???
    La lecture des articles sur la façon dont les syriens se sont organisés dès le départ, dans des intentions pacifiques, puis aujourd'hui avec l'aide l'ASL (armée syrienne libre) qui a fini par se constituer avec l'aide des soldats et officiers déserteurs, est extrêmement intéressante. Un maillage extraordinaire et de plus en plus solide de la société s'est construit peu à peu pour faire échec au gouvernement syrien : moyens de circuler, de communiquer, de transporter armes, nourritures, médicaments, avec des relais complexes dans toute la population, mettant en mouvement un peuple très diversifié. Ce peuple a constitué de fait son unité sans demander a priori qui est qui. Bien sûr les mauvaises langues diront que ce maillage est truffé d'espions. Mais comme dans toute guerre de partisans. Sauf que la population a vite fait à la base de repérer qui trahit. Cette construction est d'une inventivité exceptionnelle, les gens ne comptant que sur leur opposition commune à un régime qui veut interdire de penser (comme ils l'expriment) et se moquant bien de leurs idéologies individuelles.
    Qui va désunir cette population, y installer la division ? Non seulement les pans de l'Etat demeurés en place, mais le principe même de la démocratie représentative, qui, comme un parasite sur un corps sain, ne sera pas là pour permettre aux gens de se gouverner eux-mêmes, mais pour se substituer à eux, fragmenter la population, opposer les uns aux autres dans des partis à idéologies différentes, afin de dévoyer les capacités créatrices des masses à produire, échanger, établir des liens de solidarité. Ce sont ces partis qui vont donner des qualificatifs négatifs à la diversité de la population.
    Les partis politiques ont rarement combattu dans la rue, ils se sont organisés dans l'ombre, sachant qu'un jour il leur échoirait la responsabilité de gouverner le pays à partir des parlements, et sans contrôle de la part de ceux qui ont donné leur sang sans compter, pour déblayer le terrain des brigands d'Etat.
    Jamais la démocratie parlementaire n'a, nulle part, représenté réellement le peuple, dans toute l'histoire occidentale, même si théoriquement, dans la loi constitutionnelle elle doit être l'émanation du peuple.
    La démocratie à la base, dans des comités de quartiers, d'usine et autres, n'a jamais pu trouver son expression dans la démocratie parlementaire qui signifie fondamentalement " déléguez nous le pouvoir et nous en ferons ce que nous voudrons ". Il n'y a aucun mandat direct et impératif en son sein. Et il n'y a aucune place pour que le peuple décide du comment on doit vivre, de ce qui doit être produit, comment et avec quoi. Il y a l'idée qu'il faut faire confiance à des gens qui disposent d'un savoir théorique qui n'a rien à voir avec le savoir pratique des producteurs de base.
    La Commune de Paris fut l'authentique émanation du peuple et travailla d'arrache-pied pendant 3 mois à imaginer concrètement une autre société. Il lui manqua de pouvoir sortir de ses murs et de pouvoir mailler le pays de sa passion démocratique, la seule vraie démocratie.
    Le 16-2-12
    AMC